Documation: Charles du Boullay (CDC Arkhineo): “Notre record 2010: trois millions de factures dématérialisées en une journée !”

Stratégies Channel

Filiale de la Caisse des Dépôts, CDC Arkhineo exploite une plate-forme “coffre-fort” pour l’archivage numérique. Un complément indispensable pour le marché de la dématérialisation. Bilan et perspectives avec son DG.

Factures, bulletins de paie, contrats de prêt, contrats de travail, e-mails…CDC Arkhinéo est l’un des plus grands spécialistes de l’archivage numérique en qualité de tiers de confiance qui compte sur le marché français. En dressant un bilan 2010, cette filiale de la Caisse des Dépôts a archivé un volume de 90 millions de documents en 2010 (contre 65 millions en 2009, soit une hausse de 40%). Depuis sa création en 2001, elle exploite une plateforme servant de « coffre-fort électronique » accessible en mode hébergé (ASP ou SaaS).

Parallèlement, CDC-Arkhinéo exploite une plate-forme de dématérialisation de documents (plate-forme FAST), bien implantée dans les collectivités. L’ensemble a réalisé un chiffre d’affaire de 3,7 millions d’euros en 2010 (+45%).

Volet 1 : bilan et perspectives de l’activité archivage numérique de CDC Arkhineo avec son directeur général Charles du Boullay.

(Interview réalisée par Philippe Guerrier, pour le compte d’ITespresso, le 22/03/11 dans le cadre du Salon Documation 2001.)

Comment évoluent les activités de CDC Arkhineo sur la partie archivage numérique ?

Charles du Boullay : Tous les indicateurs sont au vert. On observe une croissance en termes de nombre de clients, de variétés et de volume de documents numériques à archiver (90 millions sur l’année 2010). C’est la clientèle bancaire qui a le plus évolué avec en particulier l’archivage des contrats dématérialisés signés avec leurs clients. Nous avons observé également le décollage des bulletins de salaires dématérialisés en partenariat avec ViaStorage, Novapost ou Primobox. Ces prestataires, spécialisés dans la dématérialisation, prennent contact avec les entreprises tandis que CDC Arkhineo prend en charge le volet archivage. Nous avons écrit un livre blanc avec B-Process sur la dématérialisation de la facture dans les collectivités et les administrations. Des échéances importantes arrivent et elles seront susceptibles de favoriser nos activités. Ainsi, à partir de 2012, une collectivité ne pourra pas refuser une facture électronique. Parallèlement, le service « Coffre-fort électronique » de CDC Arkhinéo a été certifié conforme à la norme AFNOR Z 42-013 (« sécurisation renforcée »). C’est la plus pertinente. Le reste, c’est du pipeau. Toujours dans le domaine de l’archivage public, nous avons obtenu l’agrément du Ministère de la Culture pour la conservation des archives publiques courantes ou intermédiaires des collectivités. En l’état actuel, nous sommes deux à l’avoir avec Locarchives. Autre élément intéressant à signaler, nous avons atteint fin 2010 un record en termes de nombre de traitement de documents numérisés : trois millions en une journée. Ce pic est lié à la reprise d’historiques de factures sur deux ans émanant d’un client issu de la grande distribution. Il a fallu numériser13 millions de documents en une semaine alors que nous en avions déjà numérisé un million auparavant avec ce même client.
(lire la fin de l’interview page 2)

 

Quels sont les profils de vos clients qui ont pris le virage de la dématérialisation ? Quelles industries ou quels secteurs d’activités ?

Charles du Boullay : Nous avons deux grandes familles. 75% de notre clientèle est composée d’opérateurs de services de confiance (B-Process, Deskom, CertEurope, Orange Business Services…). Ils ont considérés que leur coeur de métier n’était pas l’archivage. Du coup, ils ont développé des connecteurs pour accéder à nos espaces sécurisés destinés à héberger les documents numérisés de leurs clients. Les 25% restants sont des clients directs (une centaine émanant des secteurs de la banque, de la grande distribution…).

Quels types de documents sont dématérialisés en priorité ?

Charles du Boullay : Les factures essentiellement. Sur les 90 millions de documents numérisés et archivés, elles représentent 50% du flux. Le reste est plus dilué et le classement est moins pertinent. Cela peut aller de l’enregistrement de discussions téléphoniques en cas de souscription de prêts en ligne, la contractualisation en ligne (70 clients dont La Banque Postale), les contrats de travail dans l’intérim…40 000 contrats de travail par mois sont archivés chez nous via notre client Pixid [du nom d’un regroupement de réseaux d’agences par intérim qui exploitent une plate-forme commune de dématérialisation pour gérer des formulaires liés au travail temporaire, ndlr].

Le marché du bulletin de salaires dématérialisé s’ouvre-t-il enfin ?

Charles du Boullay : Les volumes sont moindres mais on atteint la dizaine de milliers de bulletins dématérialisés par mois. C’est totalement émergent. Mais on devrait voir une éclosion en 2011 puis la vraie volumétrie apparaîtra à partir de 2012. Car cela nécessite une certaine conduite de changement et un accompagnement. Des partenaires comme Primobox, Novapost, ViaStorage ou Securibox mettent des moyens pour prospecter le marché. Le groupe Canal Plus (client de Novapost) a déjà converti 40% de son effectif au bulletin de salaire dématérialisé. C’est une option gratuite proposée au salarié qui dispose d’un espace sécurisé pour stocker ses données. Si le collaborateur quitte la société, il conserve cet espace pour ses besoins individuels.

Prenons un autre marché en cours d’éclosion : la lettre recommandée électronique. C’est intéressant pour CDC Arkhineo ?

Charles du Boullay : Nous sommes prêts à accompagner les opérateurs sur ce marché. Honnêtement, en décortiquant le décret, je considère que le niveau de sécurité exigé est faible autant du côté des particuliers que des entreprises. Et il n’est pas acceptable de la part des opérateurs qui vont rajouter des couches de sécurité. Cela ne me donne pas confiance. Les juristes en entreprise risquent de prendre des précautions. Il existe une petite nuance pour une exploitation professionnelle : il faut signer une convention au préalable entre l’entreprise émettrice de lettres recommandées électroniques et l’entreprise récipiendaire. La lettre recommandée électronique, c’était l’occasion rêvée de faire découvrir massivement les certificats et la signature électronique. J’ai l’impression qu’on a raté le coche.

Liste des clients CDC Arkhinéo dans le domaine de l’archivage
AchatPublic.com, Auchan France, b-process, Caillau, Carrefour France, CDC FAST, CertEurope, Certicorps, Coface, Deskom,Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC), Dassault Aviation, Deskom, Extelia (Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables, Chambre Nationale des Huissiers de Justice), Faurecia, Finaref, Gemalto, Generix Group, GSF, Informatique CDC, Keynectis (plus de 70 établissements financiers dont Crédit Agricole SA, Finaref, Monabanq), Kerema, Keyvelop (STS Group), LOGIDOC-Solutions, Logilec Leclerc, Novapost, Orange Business Services, Pepsico, Pixid, RH Externett, Seeburger, Steria, TDF.