« Si seulement on pouvait tout recommencer?»

Stratégies Channel

Les terrains d’entrainement de projets. Amélioration des performances des projets au 21ème siècle.

Par Alastair Giffin, Directeur de la R&D de Prendo et cofondateur en 1994 du Centre pour les Technologies de Pédagogie Avancé (“CALT”) à l’INSEAD

Pilotes, chirurgiens, soldats, acteurs et sportifs savent depuis longtemps que seule une pratique régulière de leur activité permet d’améliorer les performances et de réduire les risques d’échec. Les simulateurs de vol, les cobayes, les jeux de guerre, les théâtres vides ou les pistes d’entraînement sont autant d’outils essentiels pour tester et mettre en pratique les principes simples qui sont au cœur même de l’amélioration des performances : le besoin de s’entraîner, de pratiquer et de s’échauffer. Mais les chefs de projet sont eux contraints d’utiliser de vrais projets, de vraies organisations et de vrais clients comme terrain d’entrainement.

Il n’est donc pas surprenant de constater que le processus d’apprentissage est particulièrement difficile et coûteux, en particulier pour les projets les plus complexes et délicats. Il n’est pas rare d’entendre un chef de projet dire : « Si seulement je pouvais tout recommencer… ». La réussite des organisations étant de plus en plus étroitement liée à la bonne gestion de leurs projets, une littérature abondante et des stages de formations sur la gestion de projets se sont développés au cours des dernières années. La plupart des formations proposées débouchent sur un « diplôme » dont l’obtention dépend d’un QCM. Mais cette approche semble oublier que la gestion de projet est avant tout une discipline pratique et que les actions d’un chef de projet comptent plus que ses connaissances. Pour preuve, ce sont toujours les mêmes raisons qui sont identifiées comme facteurs d’échec : objectifs mal définis, mauvaise communication, mauvaise gestion des risques, etc. Tout le monde sait qu’il est essentiel d’impliquer les partis prenants au maximum, mais le plus dur est, ici comme ailleurs, de mettre la théorie en pratique !

Ce phénomène porte aujourd’hui un nom : le «Knowing-Doing Gap*» (ou écart entre savoir et faire). Le monde universitaire insiste lourdement sur l’accumulation des connaissances et néglige trop souvent la mise en pratique du savoir-faire ou en d’autres termes la modification du comportement. 

“The only source of knowledge is experience” Albert Einstein.

Par ailleurs, bien que certaines techniques soient de nature « scientifique » (planification par réseau, ordonnancement, etc.), les équipes de projet exigent des compétences plus « artistiques ». Les défis sont aujourd’hui humains avant d’être technologiques : clarification des objectifs, juger les compromis, évaluation des risques, gestion efficace des intérêts de toutes les parties prenantes, etc. Dans la plupart des cas, il n’existe pas de « bonne » ou de « mauvaise » réponse, et encore moins de recette toute faite. Un projet est un environnement complexe, en perpétuelle évolution, dans lequel il est nécessaire de pouvoir s’adapter et réagir correctement aux imprévus pour avancer dans la bonne direction.

Afin de surmonter ces défis pédagogiques fondamentaux, la communauté des chefs de projet, comme de nombreuses autres professions, doit disposer d’un « terrain d’entraînement » permettant d’apprendre sans risque à maîtriser les aspects non-techniques de la gestion d’un projet. La création d’un tel terrain d’entraînement requiert une expertise dans de nombreux domaines : compréhension de la dynamique des projets complexes, connaissance des facteurs de réussite, modélisation de systèmes financiers, techniques et sociaux. Sur la base d’une telle expertise, il est désormais possible de créer une méthode d’amélioration des performances adaptée au 21ème siècle afin que plus jamais un chef de projet ne se dise : « Si seulement je pouvais tout recommencer… »

Note sur l’auteur :  Alastair est l’architecte du système globale de création et de déploiement de simulation Prendo. Il est également responsable du développement de nouvelles simulations. En 1994, il a cofondé le CALT (Centre for Advanced Learning Technologies) à l’INSEAD. Le CALT est l’un des plus grands centres de recherche dans le domaine des nouvelles technologies d’apprentissage. Alastair est titulaire d’un MBA (avec mention) de l’INSEAD et d’une maîtrise en Politique & Economie de l’université d’Oxford.

A propos de Prendo
La mission de Prendo est de développer les simulateurs de gestion les plus efficaces au monde. Les simulateurs permettent aux managers et aux équipes d’appliquer un principe simple de la pédagogie et de l’amélioration des performances : le besoin de s’entrainer et de répéter. Les simulateurs de Prendo sont développés avec les contributions d’experts venant de l’industrie et avec le conseil des professeurs des meilleures écoles de commerce. Cette expertise sur le fond est combinée avec le système unique de conception des simulateurs de Prendo et sa capacité à modéliser les variables techniques, financières et, en particulier, humaines.  Les simulateurs Prendo sont utilisés par une variété d’organisations des secteurs privés et publics, incluant: BAE Systems, Deloitte, Oracle, SAP, National School of Government, INSEAD, London Business School etc. Pour en savoir plus www.prendo.com/fr


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