2 milliards d’euros de dépenses informatique et télécom pour le secteur de la santé français en 2013

Tendances IT

Une étude IDC révele que les dépenses informatique et télécom du secteur de la santé en France vont enregistrer une croissance de +2% en 2013, soit un total de plus de 2 milliards d’euros.

Silvia Chiara Piai, Analyste - EMEA IDC Health Insights.
Silvia Chiara Piai, Analyste – EMEA IDC Health Insights.

Les analystes IDC Chiara Piai et Cyril Meunier ont réalisé  en mars dernier l’étude  « Le Marché informatique dans le secteur de la Santé » auprès des établissements de soins publics et privés.

L’enquête souligne que les investissements dans les technologies de l’information et de la communication se poursuivent en France mais à un rythme ralenti et de façon plus ciblée. « Malgré un contexte budgétaire qui n’a jamais été aussi défavorable, il existe des domaines d’investissement en forte croissance au sein des établissements publics et privés de plus 100 lits » explique Silvia Chiara Piai, Analyste – EMEA IDC Health Insights. « Le marché est tiré par la dépense en logiciels » précise son confrère Cyril Meunier, Analyste – IDC France. « Cela ne concerne pas uniquement les logiciels cliniques, mais aussi les logiciels décisionnels et d’infrastructures (stockage, sécurité, virtualisation et automatisation des infrastructures) ». Quant aux services, « ils continuent de souffrir ». De leur côté,  smartphones et tablettes mis à part, le matériel et les services télécoms reculent.

Cyril Meunier, Analyste - IDC France
Cyril Meunier, Analyste – IDC France

Les résultats de l’étude :

L’étude analyse par ailleurs l’impact, sur les établissements publics d’une part et privés d’autre part, des principaux facteurs de croissance et de transformation (nouveaux usages en mobilité, recours au décisionnel, mutualisation des infrastructures et des applications, utilisation du Cloud Computing, mutations technologiques, Loi Hôpital Patients Santé et Territoires (HPST), plan Hôpital Numérique… Il en ressort que la France n’a pas rattrapé son retard face à la moyenne européenne, dans les systèmes d’archivage d’imagerie médicale (PACS). Le décollage espéré du SaaS n’a pas non plus encore eu lieu, malgré la multiplication des agréments d’hébergement de données de santé à caractère personnel. D’autres résultats constituent en revanche de bonnes surprises. C’est le cas en particulier de l’informatisation des blocs, de la prescription électronique et des applications cliniques mobiles. Dans ce dernier domaine, la « mobilisation » des applications tire l’adoption par les personnels soignants. L’heure est aux investissements dans les couches techniques sous-jacentes que sont la virtualisation du poste de travail, les serveurs d’applications pour la mobilité clinique, la voix sur IP, la sécurité des terminaux, des accès et des réseaux ainsi que les solutions de gestion des terminaux.

Une analyse du paysage concurrentiel français des éditeurs de logiciels hospitaliers complète l’étude et permet en particulier de répondre aux interrogations récurrentes sur un éventuel mouvement de concentration de grande ampleur sur ce marché. « Le secteur continue de se concentrer moins vite que les établissements de soins eux-mêmes» précisent Silvia Piai et Cyril Meunier. Un des grands enseignements de l’étude est la percée réalisée par les opérateurs publics (anciennes filières transformées en Syndicats Interhospitaliers ou en Groupements d’Intérêt Public). La dépense informatique auprès de ces structures a représenté en 2012 environ un tiers de la dépense informatique externe  des établissements de soins publics. Le « taux de pénétration » des  opérateurs publics sur la partie « production de soins » des établissements publics a notamment beaucoup progressé par rapport à la dernière étude similaire publiée par IDC en 2010. Il avoisine désormais 30% quelles que soient les solutions considérées : dossier médical, dossier des soins, circuit du médicament, e-prescription… Il se rapproche ainsi du taux constaté pour les solutions de gestion des fonctions back-office (Finance, RH, logistique…). Selon les conclusions des auteurs de l’étude, tous les ingrédients sont réunis pour que cette part augmente encore davantage dans les prochaines années.

 

 


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