Rencontre avec Blandine Laffargue, organisatrice du salon Big Data les 3 et 4 avril

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Blandine Laffargue

Blandine Laffargue, organisatrice de la deuxième édition du salon Big Data (partenariat Channelbiz.fr) évoque dans cette interview les évolutions rapides du secteur et le pourquoi d’un tel évènement.

ChannelBiz.fr – Vous êtes l’organisatrice les 3 et 4 avril prochains du salon Big Data. Comment se présente cette édition ?

Blandine Laffargue
Blandine Laffargue

Blandine Laffargue (1)- Cette seconde édition sera placée sous le signe des retours d’expérience : nous avons en effet identifié de nombreux cas d’usages du Big Data, dans des secteurs très variés, avec des niveaux de maturité très avancés. Nous avons donc eu à cœur de les mettre à l’honneur dans le programme de conférences : vous retrouverez ainsi des présentations de la SACEM, d’Effia Synergies, de Coyote, ou encore de SFR, l’Agence Spatiale Européenne ou la Caisse des Dépôts…
Et cela se retrouve dans la salle : nous identifions en effet un très grand nombre d’utilisateurs finaux dans le public (ils constituent la majorité du public présent), qu’il s’agisse de grandes ou de petites entreprises. Les décideurs ont en effet pris conscience de l’intérêt qu’ils pouvaient tirer de leurs données et ils recherchent une information fiable et des contacts adaptés dans ce domaine. A ce titre, le congrès Big Data Paris s’est voulu le plus représentatif possible du marché Big Data : vous trouverez sur les stands et dans les salles de conférences tout le panorama d’acteurs concernés par ce phénomène.

Qu’est-ce qui a changé depuis un an et la présentation que vous faisiez du phénomène chez nos confrères de Silicon  (*) ?

Beaucoup de choses ! L’année dernière, je mettais en avant la volumétrie et la nature des données : il était beaucoup question du data déluge, de l’explosion des données numériques, notamment sociales. Cette année, c’est principalement la qualité de ces données qui retient l’attention : traiter les données volumineuses n’est plus vraiment problématique, c’est davantage la fiabilité de ces données et l’information qu’on peut en retirer qui retiennent l’attention.
Autre point central : l’année dernière, nous parlions beaucoup de technologies et d’outils ; cette année, ce sont davantage les usages du Big Data et les problématiques business qui sont mis à l’honneur, en résonnance avec le marché. Les acteurs ont dépassé le stade de l’interrogation technologique, ils souhaitent désormais comprendre comment exploiter intelligemment la donnée et comment monétiser celle-ci. Nous avons d’ailleurs créé des conférences dédiées à chaque métier (SI, marketing, production, scientifique, décisionnel) pour apporter à chaque profession le contenu correspondant à ses propres usages du Big Data.
Enfin, l’évolution majeure par rapport à l’année dernière, c’est que le marché s’est structuré en France : s’il était dans un premier temps polarisé sur les grands éditeurs et fournisseurs de solutions, il est désormais ouvert sur des start ups spécialisées dans la data, et sur des utilisateurs finaux très actifs. La Ministre Fleur Pellerin a d’ailleurs chargé le serial entrepreneur Tariq Krim de structurer la filière en France : il nous présentera sa vision lors du discours d’introduction du congrès.

Le phénomène du Big Data reste-il selon vous circonscrit avant tout aux grands comptes et administrations ?
Comme je vous le disais, le Big Data fait désormais la part belle à des entreprises spécialisées « data » qui sont généralement de petite taille : il s’agit de startups équipées d’outils de traitement et d’analyse qui exploitent la donnée pour le compte de grands groupes. On en voit énormément dans le secteur du marketing, notamment digital, où les opportunités d’exploitation des données en temps réel se sont multipliées (reciblage, RTB, moteurs de recommandation….). Il y a également des entreprises spécialisées dans les données de géolocalisation ou de traçabilité : elles ont davantage des applications logistiques chez le client.
Pour l’échelon suivant, c’est-à-dire l’utilisateur final, il faut reconnaître que la majorité reste des grands comptes ou des administrations : en effet, ce sont elles qui ont la capacité humaine en interne de créer un écosystème autour de la donnée et de générer des retours dans les différentes business units. Ce sont également les mieux armées pour absorber les coûts d’installation des outils Big Data.
Cependant, les petites structures peuvent également bénéficier de ces technologies : ce sont généralement des entreprises issues de l’Internet, spécialisées dans la gestion des données des internautes (ex : des sites de voyage, ou bien des sites d’échanges C2C…), qui ont de ce fait une importance stratégique. Pour beaucoup de  ces PME concernées par le Big Data, qu’elles soient issues d’internet ou non, la problématique des coûts passe souvent par l’utilisation de modèles SaaS dans le Cloud.

Vous évoquiez l’an passé les menaces pesant sur le Big Data. Pensez-vous qu’elles ont évolué depuis lors et que les entreprises ont suffisamment intégré cette variable dans leur stratégie sécuritaire ?

L’année dernière, j’évoquais la question de la protection des données personnelles, qui constituait pour moi une interrogation légitime du citoyen. Sur cette question, il faut le reconnaître, les choses n’ont que légèrement évolué : la Commission Européenne s’est penchée sur le sujet et des groupes de travail sont à l’étude pour faire paraître un règlement, mais celui-ci est encore dans les cartons.
En revanche, des avancées ponctuelles ont été notées, qui témoignent de la volonté plutôt restrictive de l’Union Européenne et de la CNIL : l’utilisation de cookie est de plus en plus soumise à autorisation et les grands du Web se sont fait rappeler à l’ordre pour leur manque de transparence concernant l’utilisation des données personnelles. Le chantier est donc grand ouvert pour des innovations réglementaires audacieuses dans ce domaine. Attention tout de même à ne pas créer un écart trop grand avec les autres pays, notamment les Etats-Unis qui pourraient tirer profit de la différence de législation dans ce domaine.
Mais une autre menace que je n’avais pas évoquée l’année dernière et qui s’est précisée cette année, du moins dans les conversations entourant le Big Data, c’est la menace de la cyberpiraterie. En effet, les entreprises sont de plus en plus soucieuses de protéger leur volume de données, dont elles connaissent désormais la valeur. Les systèmes de stockage se veulent donc irréprochables mais c’est surtout dans la répartition des accès à ces données que les questions se posent : comment permettre une exploitation efficace de la donnée par tous et pour tous, tout en garantissant une sécurité totale autour de ces données ? C’est l’un des enjeux organisationnels de cette année 2013 pour les utilisateurs Big Data.

 

(*) http://www.silicon.fr/video-blandine-laffargue-corp-events-fait-le-point-sur-big-data-pour-les-entreprises-73468.html

(1) Blandine Laffargue est chef de projet et éditorial chez Corp Events. Elle est également responsable et organisatrice du Congrès Big data au sein duquel elle est intervenante.

L’évènement
La seconde édition du congrès Big Data Paris se déroulera au CNIT les 3 et 4 avril prochains. Il s’adresse à tous les décideurs soucieux de mettre à profit leurs données, et fera intervenir les acteurs les plus emblématiques du marché en conférence et en salle d’exposition.

 

 

 


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