Les ERP collaboratifs survivront à la fin du monde, les autres non.

Tendances IT
François Genestin

La fin du monde est proche. Les ERP qui ne se concentreront encore que sur l’exécution de leurs processus intégrés seront désintégrés, ou devront évoluer vers plus de souplesse et de collaboration dans l’intérêt de chacun de leurs acteurs, et donc de l’entreprise.

François Genestin
François Genestin

Par François Genestin, fondateur et président de Simplicité Software

Avec les nouvelles technologies, les processus métier en entreprise se complexifient pour accompagner les utilisateurs dans l’organisation de l’activité stratégique : processus de vente, de fidélisation, de production, de facturation, ou processus RH d’entretiens annuels, de gestion des notes de frais…

Paradoxalement, pour créer et mettre en place de tels systèmes, les entreprises engendrent machinalement un nombre encore plus important de sous-processus/procédures/systèmes interdépendants : de la conception à l’exploitation en passant par les développements, toutes les équipes s’animent autour de problématiques souvent orthogonales aux vrais enjeux de l’entreprise. Alors que la direction parle principalement d’aller plus vite et plus loin que le concurrent, en produisant moins cher, en fidélisant ses clients, en améliorant ses services rendus, ou en valorisant ses employés lorsqu’elle en a encore le temps… l’exploitant lui ne semble préoccupé que par la QoS de son wLAN vers 14h30, le développeur que du respect des nouvelles normes html5/css3, l’architecte/analyste que du « trop-super-mega-top » BPMNv2 qui va vraiment enfin tout changer dans l’organisation de lui-même, pendant que le chef de projet tweete sauvagement sur le dernier match OM/PSG en attendant que le projet avance…

Cette dérive entropique est certes caricaturale mais la tendance des systèmes complexes tend vers une forme de chaos généralisé. Celle-ci est simplement causée par un problème de collaboration entre tous les acteurs qui en ont perdu l’objectif commun. Le logiciel d’entreprise ou l’ERP à la base uniquement conçu pour supporter les processus attendus in fine des métiers, doit donc maintenant être capable de supporter toutes les activités qui lui permettent d’évoluer, de se maintenir et de s’exploiter, donc avec l’ensemble des acteurs nécessaires à son accomplissement.

L’ERP de demain doit donc dépasser sa fonction actuelle et s’appuyer sur une plateforme unifiée et collaborative où chaque acteur (métier, MOA, MOE, testeur, utilisateur, exploitant…) a pleinement conscience à chaque instant de son rôle dans le processus général pour atteindre l’objectif final. Comme on a pu le croire depuis quelques années avec l’arrivée des réseaux sociaux, l’idée ne se résume pas uniquement à créer du lien ou de la communication entre les membres de l’entreprise. Il lui faut également savoir piloter, animer et orchestrer en temps réel le travail de chacun dans le respect des contraintes stratégiques de celle-ci.

A ce titre, toute plateforme instrumentant une gestion du cycle de vie applicative (ALM) couplée à une démarche agile orientée modèle (Model-Driven Engine) permettra d’atteindre cet objectif : les acteurs métier y expriment leurs besoins en langage naturel, les analystes les dérivent en modèles fonctionnels que les designers implémentent en suivant un planning définit par le chef de projet qui peut suivre l’avancement du projet. La plateforme fournissant également des services de contrôles/tests, d’exécution et de supervision est capable de remonter des indicateurs d’usages aux exploitants et aux métiers, qui peuvent alors exprimer de nouveaux besoins en suivant les axes stratégiques de la direction. La boucle est bouclée.

Aucune fin du monde pour ceux qui sauront s’adapter.