Interview : Patrick Robin (24h00) étrenne sa plateforme Boosket sur le salon E-Commerce 2012

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Boosket, rachetée il y a un an et demi par 24h00, l’agence de marketing digital de Patrick Robin (le serial entrepreneur bien connu du Web), était une chenille prometteuse… Elle vient de donner naissance un superbe papillon, après plusieurs mois de réflexion et de développement intensif… A la clé, une plateforme de Social commerce multicanal alliant M-commerce, F-commerce et Google shopping. Nous avons rencontré Patrick Robin à l’occasion du salon E-Commerce 2012 qui se déroulait ces jours-ci au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Il nous en dit plus sur ce nouvel outil ambitieux entièrement revisité à l’aune de l’avènement du cross-canal.

Boosket Shop fait donc peau neuve, sous la houlette de Patrick Robin et des équipes de 24h00. A la clé, une version revisitée de cette solution de Social Commerce qui permet désormais aux marchands de s’adapter aux nouveaux comportements des consommateurs via l’intégration d’une dimension multicanal dans leur stratégie Social Commerce.

Patrick Robin (D.R.)

Patrick Robin, vous êtes un serial-entrepreneur du Web bien connu. Vous êtes à la tête de l’agence de e-marketing 24h00. Cette année vous êtes venu sur ce salon pour lancer une nouvelle plateforme de « social commerce multicanal » baptisée Boosket. Comment présenter celle-ci  et qui cible-t-elle ?

Mon agence, 24h00, a racheté la startup Boosket il y a un an et demi. Celle-ci, historiquement, proposait une simple solution de F-Commerce. Nous avons senti qu’en partant de cette base, il y avait le potentiel pour une solution complète de solution de commerce déporté. Je précise que nous étions déjà spécialisés dans ce domaine avec 24h00. Après plus d’un an de R&D sur ce produit, nous sommes en mesure de lancer aujourd’hui une solution puissante et stable. Nous la lançons d’emblée en France, Allemagne, Espagne, UK et USA, et en quatre langues. En outre, nous souhaitons lancer la solution dans 3 ou 4 langues supplémentaires par trimestre. L’idée : être présent dans une quinzaine de pays d’ici fin 2013.

Quand on parle de social-commerce multicanal, comme vous le faite, ça signifie concrètement quoi ?

C’est en quelque sorte le mix de deux mondes, le résumé de deux sujets qui à première vue peuvent être anxiogènes pour les marchands, surtout les plus petits d’entre eux, mais qui leur offrent réellement beaucoup d’opportunités : disposer de trois points de contact supplémentaires pour leur site Web marchand (social, mobile, Google), ce quel que le soit la plateforme e-commerce qu’ils ont choisi d’utiliser. Via Boosket Shop, ils vont pouvoir créer une boutique, automatiser les flux de catalogues (la compatibilité avec les plus grands gestionnaires de flux existants est assurée), etc. Il ne leur restera plus qu’à cocher trois cases pour s’offrir une boutique sur Facebook, une autre sur mobile/tablettes en webapp et, cerise sur le gâteau, disposer d’une présence optimisée sur GoogleShopping (qui est devenu un levier majeur dans la stratégie SEO).

Quelle est la cible visée ?

Ce sont les quelques 119 000 sites marchands comptabilisés récemment par la FEVAD. Tous ces sites sont concernés par notre offre, qui n’aura en revanche aucun intérêt pour les plus gros sites marchands, disons ceux qui appartiennent au TOP 100. Le marchand de toute taille ne peut plus se contenter que le client « pousse la porte du magasin », il doit aller à sa rencontre de façon pertinente et efficace.

A quel prix ces milliers de sites marchands possiblement intéressés peuvent-ils accéder à cette solution ?

Nous proposons quatre formules de tarification, dont une « formule vedette » à 29 euros/mois. Celle-ci leur permet d’accéder à l’ensemble des outils disponibles et à l’ensemble des leviers sociaux (Facebook, Twitter, Pinterest, …).  L’offre est assortie d’un mois d’essai gratuit et sans engagement. Les autres offres : une d’entrée de gamme avec le minimum vital à 1 euro par mois (on ne souhaitait pas symboliquement que l’offre soit gratuite, mais c’est tout comme…) et deux offres spécialement conçues pour les agences. Il s’agit d’une part d’une offre à 59 euros pour les free lances et petites agences d’une part, d’autre part d’une offre à 290 euros pour les agences de plus grande taille avec plusieurs comptes administrateurs simultanés et un accès total à notre API, ce qui leur ouvre beaucoup de perspectives….

A terme, quels nouveaux outils pourraient apparaitre dans votre plateforme ?

Nous souhaitons pourvoir interfacer la plateforme avec Boosket Ads afin de permettre aussi aux petits marchands de promouvoir leur boutique en bénéficiant notamment de la puissance de la  géolocalisation. Par ailleurs, nous allons donner les moyens de pousser une boutique sous forme de bannières, de blogs, de widgets, etc.

En termes de nombre de clients ?

A ce jour, nous avons d’ores et déjà 25 000 booskets gratuits, dont environ 7 000 actifs. Notre ambition est d’avoir d’ici janvier 2013 environ 3 000 clients de la formule à 29 euros. Fin 2013, l’objectif est de quadrupler ce chiffre, avec donc 1 2000 abonnés.

Comptez-vous étendre encore votre périmètre géographique ?

Oui, tout à fait. A l’international, nous comptons cibler des pays émergents très dynamiques dans le domaine, notamment en Amérique du Sud et même en Europe (Portugal, Pologne, Pérou, Colombie, Argentine, etc.)

Vous n’évoquez pas l’ouverture de votre plateforme aux places de marché, normal ?

Nous estimons qu’il est difficile d’automatiser les choses dans ce domaine et pensons qu’il y a des vrais spécialistes de la question. Des acteurs connus avec qui nous discutons-  je pense notamment à Neteven ou  Sellermania –  afin de développer des passerelles entre eux et nous.

Au-delà de Booskets, et même au-delà de 24h00, comment voyez-vous l’évolution du commerce connecté ? On sait que vous avez pris récemment des positions quant à la situation économico-politique de ce pays qui ne sont pas passées inaperçues…

Oui, le temps est venu d’une prise de conscience que la croissance à deux chiffres constatée dans le secteur du e-commerce est pour l’essentiel tirée par la création l’an passé de 20 000 nouveaux sites. Quand on regarde plus en profondeur, on s’aperçoit que la croissance se tasse. Il faut arrêter de penser, du côté de nos gouvernants, que le e-commerce c’est l’eldorado et qu’on va pouvoir le taxer allègrement. Il faut bien comprendre que la rentabilité est de plus en plus ardue à trouver. Je pense qu’il y a dans la pyramide des petits et très petits e-commerçants, qui se comptent par dizaines et qui ont face à eux de belles perspectives, et qu’à l’autre bout de l’échelle il y’a des grands e-commerçants qui ont pignon sur rue. Comme toujours, ceux qui vont éprouver le plus de problèmes pour survivre ce seront les acteurs moyens.


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