Introduction au courtage cloud

Stratégies Channel

Jean-Philippe Kalfon, Directeur Commercial de Cordys France, explique comment le Cloud donne lieu à un nouveau modèle commercial pour les opérateurs

Par Jean-Philippe Kalfon, Directeur Commercial de Cordys France

Il existe actuellement deux grandes tendances sectorielles : l’essor des services cloud, qui semble sans limites tant auprès des particuliers que des entreprises et les conditions actuelles du marché plus que difficiles pour les opérateurs. L’ETNO (association européenne des opérateurs de télécommunications) a analysé ces tendances, démontrant que le chiffre d’affaires généré par les opérateurs européens a diminué de 2 % en 2011 (diminution  d’1,4 % en 2010).

Les opérateurs peuvent néanmoins se réjouir d’un aspect particulièrement positif justement engendré par le cloud : l’émergence d’un tout nouveau modèle commercial, le courtage cloud. Ce modèle offre une nouvelle source de revenus aux opérateurs et leur permet d’assouvir la demande croissante en services cloud. Comme l’indique le cabinet d’analystes Forrester, ce nouveau modèle « offre aux opérateurs la seule possibilité de surmonter la marchandisation rapide de leurs services et de créer une véritable plate-forme d’agrégation de services dont ils peuvent tirer parti pour de nombreux éléments de leur gamme de services. »

Favoriser de nouvelles sources de revenus

Qu’est-ce que le courtage cloud ? En bref, il s’agit d’une approche qui répond aux enjeux combinés de la fourniture et la gestion de services cloud. Le courtage cloud se compose de solutions construites sur des briques logicielles (fournies au client sous forme de services), de l’infrastructure as a service (pour héberger et exécuter le logiciel) ainsi que des services de conseil (pour personnaliser et concevoir les solutions demandées par le client). Ces services sont ensuite provisionnés, mesurés et facturés.

Le courtage cloud peut s’appliquer selon deux méthodes. Dans un premier modèle, un tiers intervient entre le client et les nombreux opérateurs cloud auxquels il souscrit. Le courtier cloud gère les applications cloud du client, que ce dernier paye à l’usage. Les intégrateurs utilisent d’ores et déjà ce système.

Le second modèle est plébiscité par les opérateurs. L’opérateur conjugue sa propre offre avec une solution SaaS (Software-as-a-Service) et les propose au client dans un package. Grâce à ce modèle, l’opérateur, à présent courtier cloud, peut fournir à ses clients une plus forte valeur ajoutée, au travers de services hautement personnalisés et customisés, en adaptant exactement les composants SaaS à leurs besoins. L’opérateur bénéficie in fine d’une nouvelle source de revenus. De telles offres personnalisées peuvent intégrer un système de messagerie vocale Google conçu pour les centres d’appels par exemple. De tels services sont très demandés et les entreprises sont prêtes à payer pour en bénéficier.

A titre d’exemple, KPN, opérateur Néerlandais, en bénéficie déjà. Dans une approche très innovante, l’opérateur a combiné trois éléments (son réseau, ses datacenters et du  SaaS). Cette nouvelle solution permet aux entreprises de tout type et de toute taille de combiner des systèmes sur sites existants avec des processus et applications en ligne. Les clients peuvent créer des applications ad hoc et prêtes à l’emploi dans un environnement web sans recourir à des développements fastidieux ou des dépenses d’investissement et bénéficier plus rapidement des avantages.

Un modèle sur-mesure pour tous les secteurs

Le modèle de courtage cloud correspond à une exigence croissante d’aligner les systèmes et technologies aux objectifs du secteur. Le courtage cloud offre ainsi, sur une plate-forme partagée, des espaces individuels et sécurisés pour chaque client. Les systèmes et services cloud existants peuvent être réutilisés pour chaque espace, et également personnalisés pour satisfaire les exigences de chaque client.

Dans le contexte économique actuel, il n’est plus possible, sauf cas exceptionnel, de créer une nouvelle solution pour chaque client. Une telle approche est trop longue et ne constitue pas un modèle commercial viable. Voilà pourquoi le courtage est si attrayant. Il propose tous les éléments d’une solution sur mesure : niveaux de partage, réutilisation, facilité de gestion et évolutivité, permet d’isoler chaque client et tout cela sans avoir besoin de datacenter dédiée. La plupart des courtiers cloud auront besoin d’un logiciel, d’une infrastructure et d’une plate-forme tous délivrés sous forme de services. Il convient également d’étudier comment le courtier délivre, évalue, mesure et facture ses services. Ce processus de provisionnement et d’évaluation s’avère essentiel pour garantir la qualité du service ainsi qu’une juste tarification pour chaque client.

Nous pensons que 2012 sera l’année du courtage cloud. Alors que ce modèle commercial se développe, les services cloud vont devenir plus facilement accessibles et donc continuer leur essor. Le courtage cloud profitera aux entreprises de toutes tailles en leur offrant la rentabilité du cloud ainsi que les niveaux de contrôle dont elles ont besoin pour se conformer aux réglementations. Les utilisateurs, quant à eux, bénéficieront d’un service optimal, puisque les courtiers cloud proposeront les meilleures ressources disponibles à tout moment. Cela entraînera la réduction des goulots d’étranglement et des contraintes en termes de ressources. Nous prédisons le succès du courtage cloud  car il conjugue le meilleur des solutions sur site et cloud, et nous pensons qu’il se révèlera le meilleur modèle pour les entreprises. Ainsi, alors que nous entamons l’année 2012, les opérateurs ont de quoi se réjouir.


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