Technologies numériques : quel impact sur la distribution IT ?

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Technologies numériques : quel impact sur la distribution IT ?

Technologies numériques : quel impact sur la distribution IT ?Les technologies numériques ont provoqué de grands bouleversements dans le monde de la distribution IT. Qu’ils soient conjoncturels, à l’origine d’une convergence entre technologie et marketing ou qu’ils soient instigateurs de nouveaux processus de vente, ces évolutions rapides font l’objet d’une étude* du cabinet GfK intitulée : « Impact de la révolution numérique sur l’équipement bureautique, informatique et télécoms des entreprises ». 

De quelle manière les technologies numériques (e-commerce, services mobiles, web 2.0) impactent-elles la distribution IT ? À l’heure où la crise économique, qui frappe de plein fouet bon nombre de secteurs, semble plus ou moins épargner celui de l’IT, une telle question paraît pertinente. Les dépenses informatiques des entreprises en France ont ainsi accusé une baisse de 1% entre 2008 et 2009, pour finalement repartir à la hausse d’environ 2% dès 2010. Autrement dit, les technologies numériques sont, pour aller plus loin, une véritable bouée de sauvetage pour certaines branches de la distribution IT.

Selon une étude menée par le cabinet GfK sur commande de BNP Paribas Leasing Solutions, l’impact des technologies numériques sur la distribution est avant tout conjoncturel. Ainsi, en 2011, la croissance devrait se révéler positive pour 93 % des distributeurs (avec une préférence pour les ventes de services), contre 78 % en 2010. Une explication à ce phénomène : de nouvelles méthodes en matière de distribution, de marketing, de support utilisateur et de formation. De plus, quand bien même les circuits traditionnels restent majoritaires, la distribution “multicanal”, de plus en plus répandue, donne un sérieux coup de pouce aux acteurs du marché IT. En se montrant très attentifs à ces nouvelles tendances en perpétuelle évolution, les distributeurs laissent augurer de nouveaux changements dans leur façon de travailler à l’horizon 2015.

L’émergence des technologies numériques dans la distribution IT semble avoir d’avantage profiter aux secteurs des Télécoms et de l’informatique. Les bureauticiens se trouvent en effet moins impactés par la « révolution numérique ». Le pourquoi d’une telle différence ? La convergence forte de la part convergence des ativitésdes entreprises Télécoms et informatique, sans équivalent du coté des bureauticiens. 26% des distributeurs Télécoms ont ainsi une offre bureautique et 73% une offre informatique. 32% des distributeurs informatiques ont une offre bureautique et 22% une offre Télécoms. Les bureauticiens, quant à eux, sont 48% à disposer d’une offre informatique, mais seulement 1% à proposer des offres Télécoms. Preuve, cependant, de la réactivité du secteur de la bureautique face à la révolution numérique, la fonction « copie » de leur offre d’impression (qui reste le cœur de leur activité), semble être dépassée par la fonction « scan » en 2011.

Autre fait marquant, la convergence dite « grand public ». Chacun des secteurs dont il est ici question (Bureautique, Informatique et Télécom) se trouve en situation de réelle convergence avec le secteur de l’électronique grand public. La consumérisation de plus en plus rapide des produits IT agit comme un levier sur l’adoption des technologies numériques grand public par les entreprises. Du coup, la frontière entre équipement professionnel et équipement grand public se réduit significativement. Là encore, les bureauticiens se retrouvent en dernière position avec une exception, tout de même : le succès des scanners et des multifonctions. Fatalement, l’amenuisement de la frontière entre équipement grand public et équipement professionnel conduit, sur le marché des entreprises, à un transfert de la valeur sur les services. Les distributeurs doivent ainsi proposer de nouvelles offres. 31% d’entre Les distributeurs proposent de nouvelles offreseux disposent d’une offre d’affichage par écran (17% la mettent en avant), 20% ont une offre photo-vidéo-son (11% la mettent en avant), et 8% proposent maintenant des périphériques multimédia (consoles de jeu, disques dur, TV HD ou 3D). D’une manière générale, le passage d’une offre de produit à une offre de service semble effectif, l’étude parle même d’une « servicisation » de l’offre.

En tête du classement des entreprises qui ont intégré l’importance d’un passage à une économie de service, les distributeurs informatiques. Un constat logique puisque l’informatique reste le principal vecteur de la dématérialisation, une première porte vers la “servicisation”. Viennent ensuite les distributeurs Télécoms, puis les bureauticiens. Ainsi, en 2011 et pour 64 % des distributeurs, c’est l’offre de service qui occupe le « devant de la scène ». 81% pour les distributeurs informatiques, 58% pour ceux des télécoms, 54% pour les bureauticiens. Coté marges, 92% voient une évolution positive de celles-ci dans les services, 84% dans les équipements.

Les distributeurs IT ont également une carte à jouer induite par le développement du « nomadisme ». L’adoption à grande échelle des services mobiles est une des raisons majeures de la révolution numérique. L’impact sur la offres de "nomadisme"distribution IT s’avère non négligeable : 69 % des distributeurs disposent désormais d’une offre en infrastructure mobiles haut débit, 75% en services de téléphonie ou visio IP d’entreprises, et 63% en infrastructure très haut débit. On notera également l’apparition de nouveaux services comme le GPS (9% des distributeurs) et la réalité augmentée (3% d’entre eux).

À coup de petites révolutions parallèles, la massification des technologies numériques secouent décidément la distribution IT. Alors qu’il y a une dizaine d’années, certains analystes annonçaient la disparition des espaces de ventes au profit du commerce en ligne, le cabinet GfK ne prédit rien de tel. L’étude parle plutôt, à l’horizon 2015, d’une transformation de ces espaces de vente afin qu’ils puissent accueillir les nouveaux usages de l’internet, du mobile et du numérique en général.

 

*l’étude, qui porte sur 300 distributeurs, est disponible en pdf ici.


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