Adam Levine, Vice-President Europe de Digital Realty Trust, acteur majeur du Datacenter : « La France dispose de véritables avantages concurrentiels »

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Adam Levine, VP Europe de Digital Realty Trust, nous a reçu récemment dans les locaux de Saint-Denis, en région parisienne, pour évoquer avec nous la philosophie, les moyens et les ambitions de sa firme dans le Datacenter à l’heure où le cloud triomphant justifie pleinement les investissements de la firme dans d’imposantes installations et garantit un avenir radieux aux “grands faiseurs” comme Digital Realty Trust.

Bonjour Monsieur Levine. Pouvez-vous vous présenter et présenter l’entreprise et son métier ?

Adam Levine – Je suis en effet le VP Europe de Digital Realty Trust. Je travaille dans cette société depuis mai 2007. Et au cours des quatre dernières années nous avons connu une croissance très importante. Quand je suis arrivé, j’étais le 7ème salarié de l’entreprise et aujourd’hui nous sommes presque 50 (ndr : dans un secteur où les besoins RH sont assez faibles).

La société a été créée en 2004 par G.I. Partners, fond d’investissement américain côté au NY Stock Exchange. A cette époque, s’il y avait déjà des investissements dans les datacenters, Digital Realty Trust a réalisé qu’il fallait un véhicule (REIT) pour ce genre d’investissements très intensifs en termes de capital et avec un ROI à long terme.

On peut dire que nous étions pionniers dans ce domaine de l’investissement dans les datacenters. Nous étions les premiers à acheter de grands bâtiments en construisant de façon modulaire les datacenters, modèle qui a inspiré depuis d’autres acteurs.  Les premiers bâtiments ont été créés en Angleterre, aux Pays-Bas et en Suisse. La France est arrivée fin 2006 avec un premier bâtiment créé à Saint-Denis, non loin du Stade de France et à deux pas du musée Christofle, celui-là même où nous nous retrouvons aujourd’hui et qui a connu depuis un très grand succès. Sa superficie est de 36 000 m2 de SHON, dont 22 000 m2 de salle blanche. C’est l’un des plus grands datacenters indépendants de l’hexagone et cela correspond à un investissement financier supérieur à 100 millions d’euros ! A l’heure où je vous parle, plus de 90% de sa superficie est commercialisée auprès de clients de type « channel partners » tels qu’Equinix, IBM et Cap Gemini.   

Comment caractérisez-vous votre offre ? Peut-on vous assimiler à un promoteur immobilier ?

Notre offre ne se résume pas qu’aux bâtiments… Ce que nous proposons  c’est une offre de solutions. Mais il est vrai que nous sommes à la base des investisseurs et nous avons à tout moment environ 1 milliard de dollars à investir dans le domaine ! Nous pouvons donc accompagner toutes sortes de projets clients sur le long terme, et pas seulement en termes d’installation. La spécificité c’est l’accès au capital, la flexibilité pour suivre nos clients dans tous leurs projets de nouveaux produits, solutions, etc. Dans un passé plus ou moins récent, nous avons été à la base de beaucoup d’innovations. Par exemple, nous avons été les premiers à livrer en Angleterre un datacenter de niveau « BREEAM Excellent », ce qui signifie qu’il s’agit d’un bâtiment au sommet en termes de règles de l’art environnemental. Voilà l’un des symboles de notre capacité à accompagner des projets visionnaires.  

Dans le cadre de votre activité, faites-vous appel à des partenaires technologiques et/ou commerciaux ?

Nous en avons déjà cité trois précédemment, qui sont des partenaires commerciaux de nature différente. En ce qui concerne les partenaires technologiques, nous avons créé des partenariats globaux avec des acteurs dans chacun des composants d’un datacenter, ce qui nous permet d’avoir une chaine d’approvisionnement dynamique et évolutive. Citons par exemple Schneider (nous faisons partie du Top 5 de ses clients) pour la partie basse tension ou Emerson pour la partie refroidissement. Les accords avec ces partenaires sont signés à l’échelle mondiale, puisque nous sommes présents à ce jour sur trois continents (Amérique, Europe, Asie).

Que diriez-vous des évolutions technologiques du datacenter à l’heure du cloud et des modes de commercialisation ?

L’idée de base – la modularisation – a pris de l’ampleur au fil du temps, jusqu’au moment où l’idée est devenue de fournir « juste à temps » nos datacenters. On ressert les délais de livraison des datacenters. Et nous fabriquons de plus en plus d’éléments du datacenter hors les murs. Cela nous permet d’une part de réduire drastiquement les délais de livraison et d’autre part d’améliorer la qualité des installations fournies (la fabrication s’opère dans des conditions optimales ce qui contribue à la fiabilité générale de nos installations).  Nous avons un grand client qui s’appelle SoftLayer, l’un des grands du Cloud dans le monde. S’ils travaillent avec nous c’est que nous sommes capables justement de leur fournir « Just In Time » des datacenters fiables dans le cadre du Cloud Computing.

En termes de commercialisation, si je vous ai cité nos plus grands partenaires (Equinix, IBM et Cap Gemini) nous travaillons également avec des acteurs locaux de plus petite taille, tel que SECR en France ou Survecentric en Irlande et Angleterre. Ils peuvent ainsi proposer à leurs clients une offre de services managés s’appuyant sur nos installations.
A l’avenir, je vois un réel mouvement vers une recherche de plus grande efficacité et les révolutions vont venir par les systèmes de refroidissement de plus en plus sophistiqués et efficaces. 

Le Green IT, ça signifie quoi pour vous ? Ca a quoi comme conséquence ?

Oui, c’est une philosophie qui nous est chère. Car plus d’efficacité c’est moins de coûts et un meilleur rendement de nos investissements tout en assurant un meilleur rendement opérationnel des clients. Le Green IT qui, encore une fois, est une philosophie globale, ne peut s’obtenir il me semble, sans l’accès à un Green Datacenter, grand de surcroit. Et un grand Datacenter c’est toujours mieux qu’une multitude de petits datacenters et ça contribue à plus d’efficacité. Les effets induits par le regroupement des ressources au sein des datacenters sont bénéfiques. Notre message à l’avenir doit montrer qu’on est naturellement Green de ce fait.  

Dans ce cadre là quelles sont vos relations avec les pouvoirs publics et la France est-elle plutôt un pays accueillant ?

Nos relations ont toujours été très positives, avec toutes les administrations nationales ou locales. La France est non seulement un pays accueillant mais dispose de véritables avantages concurrentiels en termes de coût au kilowatt/heure et donc nous sommes enclins à poursuivre nos investissements en France, en recrutant du personnel au passage.

Quelles sont vos cibles en région ?

Les deux éléments majeurs qui guident nos investissements ici, mais partout ailleurs dans le monde, c’est l’accès à de la puissance électrique (la France de ce point de vue est très bien placée) d’une part, et la proximité avec la fibre d’autre part. Au-delà de ces deux éléments, la région Ile-de-France qui concentre une bonne part de l’activité économique a nos faveurs. Enfin, nous cherchons un site qui a de vraies qualités en termes de non-risque environnemental. Nos recherches sont bien avancées et devraient déboucher d’ici quelques mois. Vous en serez les premiers venus.

Parcours
Adam Levine est Vice-Président Europe de Digital Realty Trust. Depuis 2007, année de son arrivée dans la société, il est responsable du développement de l’entreprise dans la région et de sa croissance, pour laquelle il joue un rôle clé.
Adam Levine a plus de 15 d’expérience dans le secteur de l’immobilier en Europe, et notamment en Grande-Bretagne, France et Allemagne. Avant de rejoindre Digital Realty Trust, Adam Levine occupait des fonctions de di
rection chez CBRE et HRO.
Adam Levine a un bachelor of sciences (diplôme universitaire) in Land Management de University of East London, Londres.