GFI Informatique consacre 2,9 millions d’euros pour reprendre les derniers actifs d’Arès

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Mieux que « Plus belle la vie », plus long que « Amour, gloire et beauté » et que « Les feux de l’Amour », le feuilleton de la descente aux enfers d’Ares n’en finissait pas… Le Tribunal de commerce d’Evry vient d’y mettre un point final, en permettant à GFI de s’emparer pour une somme rondelette (mais finalement dérisoire par rapport aux heures de gloire de la SSII) les dernières activités encore intéressantes d’Ares.

Arès était dans la mythologie grecque le Dieu de la guerre et de la destruction… La société de services informatique éponyme, créée en 1985, a elle était détruite brique par brique et a fini par perdre la guerre, laissant à nombre de personnels de cette société, qui l’ont connu rayonnante, un goût amer…

GFI Informatique, fournisseur de services informatiques bien connu et lui apparemment en très bonne santé financière, vient de racheter les derniers actifs et le fonds de commerce d’Arès en France, ainsi que les titres de la société Arès Luxembourg. Ce, pour la somme de 2,9 millions d’euros et grâce à la décision du Tribunal de Commerce d’Evry, appelé à se prononcer en début de semaine. Rappelons qu’Arès SA, société de services informatiques dont la dette avait pris des proportions gigantesques, se trouvait en situation de liquidation judiciaire depuis fin novembre 2010 en France (après une mise en redressement judiciaire en 2008).

Près de 3 millions d’euros

Pour GFI, l’acquisition n’a absolument rien de symbolique et doit lui permettre de renforcer sa présence en France comme au Luxembourg, de compléter sa base de clientèle par un portefeuille complémentaire du sien et de faire croitre sa part de chiffre d’affaires récurrent (le nerf de la guerre dans ce type d’activité, pour reprendre une symbolique martiale). Du reste, l’an passé, les activités récurrentes d’Arès représentaient environ 40% d’un chiffre d’affaires (non audité) s’élevant aux environs des 32 millions d’euros. Et GFI a précisé dans son communiqué que les activités reprises étaient profitables.

GFI Informatique va donc « lâcher » 2,9 millions d’euros hors passif social (congés payés essentiellement) pour cette opération, le chiffre d’affaires estimé des activités reprises se situant aux environs de 28 millions d’euros en 2011 (sur 10 mois). Et à l’horizon 2012 la société de services table sur 32 millions d’euros de CA, avec une marge opérationnelle se situant entre 6 et 8% du chiffre d’affaires.

La décision du Tribunal a été assortie de la reprise par GFI de 404 salariés d’Arès en France, sur  les 457 que comptait la structure hexagonale, et 29 salariés au Luxembourg (le personnel administratif reste lui malheureusement sur la touche). Tous sont appelés à intégrer les activités « Application Services et Infrastructure Services » de GFI.

« Cette acquisition est une étape doublement importante dans la mise en œuvre de notre plan stratégique, a déclaré Vincent Rouaix, Président Directeur général de GFI Informatique. C’est d’abord une opération créatrice de valeur, qui nous permet de renforcer significativement nos activités en France, notamment dans des secteurs ou auprès de clients où nous étions peu ou pas présents. C’est également une opération symbolique qui marque le retour de GFI Informatique à la croissance externe dans un marché qui devrait se révéler plus porteur ».

L’acquisition d’Ares par GFI lui ouvre en tous cas de nouveaux horizons et une clientèle de grands comptes différente et complémentaire de la sienne, avec notamment le secteur public (APHP, Ministère de la Défense, DGAC, etc.) ou le secteur des retraites. En outre, sa branche Infrastructures va l’autoriser à consolider les activités à forte valeur ajoutée que détenait Arès dans le grand duché du Luxembourg ainsi qu’à Pau avec des grands clients tels qu’Aramice et la BEI au Luxembourg, ou encore Bayer et Total.