Cloud Computing : BMC identifie 4 tendances concernant la conception, la construction et l’exploitation des systèmes métier

Stratégies Channel

La plupart des fournisseurs de technologies – grands et petits – affiche une forte croissance tant en ce qui concerne leur chiffre d’affaires que leur marge. La dynamique du cloud computing a créé un environnement offensif qui les voit investir massivement dans les infrastructures informatiques pour pouvoir proposer à leur clientèle des services à la demande et à tarifs modulés…

Par Mark Settle, Directeur des systèmes d’information de BMC Software

En 2011, les entreprises vont devoir prendre la mesure de la nécessité d’aligner les nouvelles offres informatiques sur les besoins de leur activité et le modèle de gestion informatique va devoir évoluer, poussant les directions informatiques à devenir des courtiers de services acquis auprès d’une myriade de sources. 

Il est assez ironique de penser qu’en 2011, après des années passées à appliquer les principes de la standardisation technologique et de la consolidation du secteur, les directions informatiques devront, dans leur majorité, composer avec un élargissement de leur base de prestataires de services et l’effilochage du contrôle de leur canevas technologique lors de la sollicitation d’une offre de logiciels, d’infrastructures et de services de support constamment enrichie.

Voici les quatre tendances 2011 qui, à mon sens, vont imposer aux directions informatiques de repenser leur approche conventionnelle autoritariste lors de la conception, de la construction et de l’exploitation des systèmes métier. À terme, ces tendances devraient susciter un regain d’innovation dans l’environnement post-récession.

Mobilité

La consumérisation de l’informatique est en plein essor. Des iPad aux appareils sous Android ou aux Windows Phones, l’utilisation des appareils mobiles personnels à des fins professionnelles se répand à grande vitesse – loin du contrôle et des regards des directions informatiques. Les salariés génèrent leur propre « environnement de productivité » personnalisé en choisissant eux-mêmes appareils et services utilisés ; en accédant à leur messagerie, à SharePoint et à d’autres services internes tout en continuant à se connecter aux applications administratives classiques. Si l’année leur est propice, les directions informatiques arrivent à proposer une ou deux centaines d’améliorations majeures pour les applications existantes ou de nouveaux systèmes métier nouveaux. Mais, pour remettre ce chiffre en perspective, les développeurs iPhone et Android sont eux habitués à proposer plus de 10.000 applications par mois. Certes, la plupart de ces applications présentent des fonctions limitées, mais les directions informatiques ont déjà perdu la bataille lorsqu’elles tentent de brider l’utilisation de ces nouveaux outils de la mobilité. En 2011, nous devrions voir les directions informatiques s’efforcer de reprendre le contrôle de leurs actifs en évitant les écueils toujours plus nombreux dans les domaines de la sécurité, de la conformité et de la compatibilité.

Cloud computing et virtualisation

2011 devrait voir la fin des considérations théoriques et être l’année du déploiement pratique du cloud computing. L’intérêt porté au cloud computing ne devrait plus simplement se cantonner à l’énumération de ses avantages, et la réflexion devrait s’orienter vers la définition de stratégies concrètes de déploiement à mesure que les entreprises introduiront technologies SaaS et de virtualisation ainsi que des fournisseurs de cloud publics au niveau de leurs infrastructures. Certes, le risque demeure de voir les premiers utilisateurs du cloud échouer à mettre en place des stratégies disciplinées pour gérer la demande de souplesse et la réduction des coûts. Toutefois, en 2011, les entreprises devraient avoir de plus en plus de facilité à manier le financement et les taux d’utilisation de l’informatique pour justifier l’achat de capacités supplémentaires.

Néanmoins, les entreprises vont certainement passer par une phase de résistance au cloud. Les directions vont lutter contre la perte d’emprise sur les actifs, les équipes des réseaux auront moins de visibilité, et il sera nécessaire de mettre à niveau le contrôle et le stockage pour prétendre fournir l’infrastructure. Par ailleurs, les délais de mise à disposition des services vont fondre rapidement, et il est probable que les directions informatiques soient mises en demeure de fournir des résultats dans le cadre de SLA (Service Level Agreement – engagement sur la qualité de service) de plus en plus exigeants.
 
Technologies collaboratives

La popularité des outils collaboratifs tels que Salesforce Chatter, Jive et SharePoint devrait gagner en puissance cette année dans la mesure où les entreprises sont à la recherche de technologies capables de les aider à s’adresser à un panel étoffé de parties prenantes et de publics quasiment en temps réel. L’utilisation de ces plates-formes ouvertes, et économiques, devrait s’envoler en 2011, mais les entreprises devront veiller à assurer une gestion forte pour en garantir les résultats. Des taux d’utilisation non-contrôlés, un bénéfice métier réduit, et l’explosion des coûts sont trois dangers qui pourraient contribuer à la chute des technologies collaboratives au cours de l’année à venir si les DSI ne s’appliquent pas à mettre en place un plan soigneusement contrôlé et piloté. Être capable de tirer des avantages métier de ces outils pour créer, orienter et perpétuer les groupes d’intérêt relève plus de la gouvernance que d’une question de technologie.

Sécurité de l’information

En raison de l’élévation de la dépendance aux données et du niveau d’interconnexion des entreprises, les violations de sécurité se traduiront par une menace potentielle, et des conséquences, plus lourdes que jamais. Les menaces de sécurité sont de plus en plus omniprésentes, sophistiquées et mondialisées, conduisant à une escalade perpétuelle entre les groupes de sécurité informatique et leurs auteurs. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une nouveauté en informatique, l’utilisation croissante d’applications tierces et d’actifs technologiques non-approuvés rend le combat bien plus difficile à mener.

Les directions informatiques ont vu les dépenses de sécurité augmenter sans cesse au fil du temps, même pendant les années de récession. Les dirigeants informatiques s’échinent à mettre en place des stratégies efficaces de gestion des risques pour mettre un terme à cette tendance ou au moins l’inverser tout en limitant les expositions aux risques. La plupart des organisations n’ont pas les moyens de s’attacher en interne une expertise en sécurité permanente, ce qui se traduit inévitablement par une dépendance accrue aux services de tiers pour combler les brèches de l’infrastructure de sécurité.

À l’évidence, ces quatre priorités auront un coût élevé pour les DSI. En 2011, les très grands fournisseurs informatiques, à la trésorerie abondante, vont garder leur appétit de dépenses de l’année précédente, restant à l’affût des bonnes affaires et de technologies innovantes à faire tomber dans leur escarcelle. Les grandes entreprises prêtes à payer le prix fort pour des acquisitions stratégiques disposent toujours d’une trésorerie de guerre généreuse qui leur permet d’investir sur les marchés à fort potentiel tels que celui du cloud computing. Et, il est à espérer que l’investissement du capital risque dans les start-ups technologiques revienne aux niveaux d’avant-récession – et qu’il sera en mesure d’ouvrir les vannes de l’innovation et des acquisitions post-récession dès 2011.

À propos de l’auteur
Mark Settle, Directeur des systèmes d’information de BMC Software, a rejoint l’éditeur en 2008, après avoir occupé ces fonctions auprès de 4 entreprises du Fortune 300 : Corporate Express, Arrow Electronics, Visa International, et Occidental Petroleum. M. Settle a travaillé pour un grand nombre de secteurs, notamment l
es produits grand public, la distribution high-tech, les services financiers, et le secteur pétrolier et gazier. Il est diplômé du MIT et titulaire d’un PhD de la Brown University. Il a aussi été officier de la US Air Force et a travaillé pour des programmes de la NASA.