Jan Zadak, directeur EMEA HP: « Je ne crois pas à un futur d’entreprises sans informatique interne.»

Stratégies Channel

A l’occasion de l’événement Software Universe 2010 à Barcelone, siliconDSI a rencontré Jan Zadak, DG EMEA chez HP et en charge de l’activité Entreprise chez HP. Très instructif…  Une interview de l’envoyé spécial de Silicon DSI et Netmedia Europe, José Diz.

Jan Zadak, directeur général EMEA chez HP

L’intégration de 3Com et 3Par va-t-elle bientôt produire des résultats ?

L’intégration de 3Com et 3Par permet d’élargir notre catalogue de solutions, et offre de multiples opportunités dont les effets seront très sensibles dès cet exercice, qui a commencé le 1er novembre. Autre axe intéressant, la mobilité sur laquelle HP va beaucoup s’investir.

Pourtant, l’aventure iPaq ne vous a pas réussi… Et lorsque vous avez racheté Palm, la société n’était pas non plus un fleuron mondial de la téléphonie ni de la mobilité…

iPaq et Palm sont des histoires très différentes. iPaq incarnait surtout un positionnement essentiellement matériel, alors que Palm et WebOS sont des partis pris matériels et logiciels très stratégiques. C’est pourquoi nous continuons à développer cette activité et à investir fortement. Et ce, aussi bien pour les entreprises que pour le grand public avec des smartphones et des tablettes.

Comment expliquez-vous les bons résultats d’HP en Europe pour 2009 ?

Les entreprises européennes poussées à faire des économies se tournent vers la DSI qui est fortement incitée à réduire les coûts. Nous assistons donc à un fort mouvement de consolidation des équipements et des applications, et d’automatisation des tâches dans les datacenters. Ce qui explique les bons résultats des diverses divisions d’HP qui accompagne les entreprises européennes dans ces transformations. Y compris avec EDS et nos activités de consulting.
Nos clients européens travaillent beaucoup sur la gouvernance informatique avec une orientation “Business Services”. Accompagnant cette maturité, HP rencontre donc logiquement un franc succès sur :
    * le logiciel et les services ;
    * l’infrastructure (matériel, serveurs, stockage) à consolider et à organiser (comme le 3-tiers pour le stockage), mais aussi à automatiser avec nos logiciels spécialisés. Cette automatisation est favorisée par la virtualisation. Toutefois, pour gérer ces centaines de machines virtuelles, et les versions de logiciels utilisées, une solution de gestion d’infrastructure complète s’impose ;
    * la transformation des applications. Une grande entreprise dispose souvent d’un portefeuille très lourd d’applications, jusqu’à plusieurs milliers. Difficile alors de penser global et intégré. Avec notre solution ALM, nos clients peuvent mener la transformation de leurs applications, les gérer de leur naissance jusqu’à leur extinction, éventuellement les externaliser, etc.
Et toutes ces actions sont menées sur le long terme.

Comment peut-on concilier réactivité et flexibilité à court terme et transformation à long terme ?

En fait, il s’agit plutôt de travailler de manière opérationnelle à court terme, mais dans un contexte de transformation globale sur le long terme. C’est le seul moyen de rester compétitif et efficace.
D’ailleurs, les responsables métiers [directions opérationnelles] comprennent aujourd’hui que l’informatique peut leur apporter une réelle valeur et devenir un levier, même si elles ne comprennent pas forcément les dessous technologiques. Et la crise a précipité ce phénomène en favorisant le dialogue entre informaticiens, directions financières et générales et directions métiers. Ces derniers cherchent à apporter plus de valeur et les premiers cherchent désormais à appliquer l’informatique en ce sens.

Toutefois, l’externalisation reste encore peu développée…

Cela peut s’avérer utile pour de la gestion de service à un niveau mondial par exemple. Cependant, les très grandes entreprises disposent souvent d’informaticiens et de techniciens pour mener une standardisation des processus et modifier l’organisation. Ce qui n’est pas le cas des grandes entreprises ou des PME/PMI. Alors, l’externalisation devient une solution évidente. Par exemple, un hôpital nécessitant de multiples accès contrôlés et sécurisés à une information par des acteurs de santé multiples et souvent externe y trouvera un intérêt évident. Dans ce cas –et dans bien d’autres, le rôle du partenaire HP sur le terrain est primordial pour accompagner le client dans sa réflexion et dans sa démarche. C’est ce que j’appelle le réseau de nouvelle génération (New generation channel]. Un partenaire qui conseille au mieux son client sur des solutions traditionnelles, à base de services Cloud ou hybride, en toute connaissance de cause.

Dans 15 ou 20 ans, l’informatique ne sera-t-elle pas devenue une commodité externe que les entreprises loueront selon leurs besoins ?

L’informatique In-House peut absolument incarner une solution intéressante. En effet, les services et applications Cloud restent des briques standardisées, ce qui permet de concevoir ce modèle. Toutefois, une entreprise qui désire se différencier devra généralement favoriser des applications développées en interne. Je ne crois pas à un futur avec des entreprises sans informatique interne. Et quoi qu’il en soit, les entreprises auront toujours besoin de spécialistes en informatique pour conseiller et discuter avec les dirigeants et les responsables métier afin de comprendre comment l’informatique peut apporter une réelle valeur ajoutée.