Syntec Numerique : toute croissance, même relative, est bonne à prendre

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La chambre professionnelle des SSII, des éditeurs de logiciels et de sociétés de conseils en technologies évalue la croissance du secteur IT à 1% en 2010 et 3% en 2011. Certes c’est mou… Mais c’est mieux !
Deuxième partie: les initiatives du Syntec côté éditeurs de logiciels.

Selon l’Observatoire de conjoncture de Syntec Numerique (qui prend le relais de Syntec Informatique), la croissance des marchés des logiciels, conseils et services informatiques se situerait autour de 1% en 2010. On peut la décomposer comme tel : +0,5% pour les SSII, +2% pour les éditeurs de logiciels et +2% pour les conseils en technologies (soit un chiffre d’affaires équivalent de 40,5 milliards d’euros). Rappelons que l’an dernier, le baromètre, alors diffusé par l’ex-Syntec Informatique, était dans le rouge (-4%).
Au niveau européen, la France ne s’en sort pas si mal puisqu’elle figure en deuxième position derrière l’Allemagne (+1,5%) mais devant le Royaume-Uni (croissance nulle). Du coup, les membres de la chambre professionnelle des SSII, des éditeurs de logiciels et de sociétés de conseils en technologies peuvent souffler.

Guy Mamou-Mani (Syntec Numerique)

Reprise molle, trous à l’accélération

Cependant les données sont à relativiser tant la reprise commerciale est fragile, marquée qu’elle est par des contrastes importants entre métiers et marchés clients et par des bouleversements de modèles (SaaS ou services informatiques hébergés, le cloud ou “informatique dans les nuages”, outsourcing ou externalisation des ressources IT). De quoi obliger l’ensemble des acteurs de la chaîne (des fournisseurs de solutions aux entreprises clientes) à revoir leurs fondamentaux.

En 2010, la croissance est portée par des secteurs d’activité comme l’énergie et les services d’approvisionnement, telles que l’électricité ou l’eau (les fameux “utilities”). Le plan de relance gouvernementale, et sa forte connotation technologique, a donné également un sérieux coup de pouce aux fournisseurs de services IT. Tandis que la banque-assurance demeure dans le top trois des secteurs les plus dynamiques.

Autre tendance soulignée par Eric Tirlemont, Co-Président de la Commission “Marchés-Tendances” du Syntec Numerique (un dirigeant d’Ineum) : “le marché des SSII continue à se consolider sans se concentrer tandis que le marché des éditeurs logiciels se consolide avec un effet de concentration.

Pour 2011, la tendance à la reprise se confirme mais sans affoler toutefois les compteurs : le Syntec Numerique estime ainsi que la croissance pourrait se situer à 3% dans un marché qui restera boosté par le duo “énergie-utilities”, la banque-assurance reprenant dans le même temps confiance, tout comme les télécoms.

 

Les éditeurs de logiciels doivent investir dans le produit et le marketing

Sur le segment des logiciels (BtoB et BtoC), Bruno Vanryb, Président du Collège Editeurs du Syntec Numerique (Avanquest), dépeint un tableau contrasté (”une croissance de 2% qui masque une grande disparité entre éditeurs”).

Sur fond de “mutation technologique” (SaaS, applications mobiles, dématérialisation des processus…), les éditeurs doivent désormais investir à la fois dans le produit mais aussi le marketing.

C’est traditionnellement une grande dualité chez les éditeurs. Maintenant, il faut travailler main dans la main pour savoir comment présenter le produit au marché”, constate Bruno Vanryb.

Le “Monsieur Logiciels” du Syntec Numerique regrette aussi que des jeunes éditeurs français ne parviennent pas au stade de la maturité. “Nous assistons à des rachats rapides comme cela a été le cas avec Abaxia acquis par HTC.
Au nom du collège “SSII”, Olivier Vallet (Steria) observe lui une croissance “modérée” de 0,5% en 2010. Les niveaux varient en fonction des prestations IT : “Conseils” (0%), “Projets et intégrations” (+0,5%), “Développements et assistances techniques” (+0,5%), “Infogérance applicative” (+2%) et “Infogérance d’infrastructures” (+1%).

Là aussi, les modèles évoluent avec “une plus grande maturité des modèles de delivery” (automatisation, rationalisation, mutualisation…) : global delivery model, industrialisation des process, centre de services distribués. Deux bémols à la clé (de sol) toutefois : “les prix constituent un point de pression qui perdurent” et “on souffre d’un manque d’ingénieurs informaticiens”.
Sur le front des conseils en technologies, Patrice Demay (SII), qui préside le collège ad hoc au sein du Syntec Numerique, évalue pour sa part la croissance à 2% en 2010 avec une “augmentation du recours à la sous-traitance”.

*Méthodologie : Enquête terrain IDC menée en octobre 2010 (250 dirigeants PME-PMI), panel trimestriel grandes entreprises (50 dirigeants), panel semestriel DSI (50 répondants). “Représentativité : 75% du marché français en termes de chiffres d’affaires couvert par l’étude selon Syntec Informatique. Ce qui en ferait de l’étude une référence du secteur. ”

Recrutement : ça repart vraiment ?

Après une année 2009 “destructrice”, Syntec Numerique se montre confiant dans la capacité à rebondir sur le front de l’emploi. Ainsi, selon la commission Social-Emploi-Formation, le secteur IT serait en mesure d’afficher 35 000 recrutements (dont 26 000 cadres) en 2010. Cela aboutirait à un total de création de 3000 à 5000 créations nettes de postes. “Il existe des tensions sur les profils (consultants, architectes, chef de projets…) des candidats passionnés par les nouvelles technologies”, constate Philippe Tavernier, Président de cette commission. Rappelons que le secteur des activités numériques emploie 370 000 collaborateurs dont 246 000 cadres, “ce qui le positionne parmi les premiers recruteurs de cadres en France même en période de creux (2009)”.En termes de sensibilisation du jeune public, le Syntec Numerique a mis en ligne le site PassInformatique.fr proposé pour les étudiants, les parents d’élèves et les professeurs.


A suivre: les projets 2011 côté éditeurs

 

Les projets 2011 du Syntec, côté éditeurs

Dès 2011, sous la houlette de Bruno Vanryb, Président du collège Editeurs, un baromètre de la croissance des éditeurs de logiciels en France et en Europe va être mis en place. Au premier trimestre 2011, va également sortir un livre « Noir & Blanc », à l’attention des pouvoirs publics, avec une partie « Livre Noir » pour alerter sur les 10 points noirs empêchant le développement de l’industrie du logiciel en France, et  une partie « Livre Blanc » regroupant 10 propositions concrètes, pour faire évoluer le poids économique à l’international des éditeurs de logiciels français grâce à des propositions réalistes et innovantes. Toujours en 2011, mais cette fois au deuxième trimestre, sortira le classement SYNTEC 250. Enfin,  le Syntec a décidé de mettre en place, chaque trimestre, de grandes rencontres entre éditeurs de toutes tailles.