SEPA-EBICS : un challenge, certes mais aussi une belle opportunité

Stratégies Channel

On a coutume de dire que l’ampleur et le coût de la  mise en oeuvre de la réglementation SEPA correspondent aux chantiers additionnés de l’euro et de l’an 2000. La migration EBICS, à échéance dernier trimestre 2011, est une étape clé, qui va toucher toutes les entreprises.
Si dans les grandes entreprises, le SEPA est traité comme un chantier majeur et structurant, abordé en mode projet avec une équipe dédiée, il n’y aura pas nécessairement, voire sûrement pas de « Monsieur SEPA » dans les PME. Amenés à jouer à plein leur rôle de proximité, les partenaires doivent anticiper et s’organiser pour saisir cette opportunité d’évolution du poste comptable.

Par Christine Coudert, Directeur Marketing New Business – Division PME de Sage France

1ère Partie : Qui dit EBICS, dit SEPA : quelle réalité se cache derrière ses acronymes ?

SEPA, l’avènement de l’Europe des paiements

En 2002, le Conseil Européen lance le projet SEPA (Single Euro Payment Area), système européen harmonisé de paiement. Dernière brique du projet euro, le SEPA doit permettre à toutes les entreprises d’harmoniser les paiements d’une zone élargie composée de 32 pays, qui représente 480 millions d’habitants, 9 000 banques, 25 millions d’entreprises et 55 à 73 milliards de transactions. L’objectif du projet SEPA est simple et ambitieux : créer une gamme unique de moyens de paiements commune à l’ensemble des pays de la zone : virements,  prélèvements et transactions par carte – en euro.

Le BIC et l’IBAN, harmonisation des références bancaires

La standardisation des références bancaires de la zone SEPA depuis janvier 2007, à travers le BIC  et l’IBAN , marquent une étape majeure. BIC et IBAN sont désormais obligatoires pour tous les transferts européens.
Au-delà du format des références bancaires, qui conditionnent les formats des fichiers échangés, deux autres éléments évoluent :
•    Les protocoles d’échange de fichiers.
•    Le « tuyau » par lequel ces fichiers transitent.

Les protocoles d’échange de fichiers

Face à l’arrêt annoncé des protocoles ETEBAC 3 et 5 à partir d’octobre 2011, et l’absence de protocole normalisé au niveau européen concernant l’échanges de fichiers, le CFONB (Comité Français d’Organisation et de Normalisation Bancaire) a validé, pour le marché français, l’utilisation de deux nouveaux protocoles : l’ EBICS, déjà utilisé en Allemagne depuis plusieurs années, et les solutions Swifnet. Internet ouvre la porte àun nouveau mode d’échanges fondé sur IP (Internet Protocol) et ce d’autant plus que le support, le « tuyau » de transmission des données, évolue aussi. En effet, Orange Business Services a annoncé l’arrêt de la maintenance du réseau historique X25 en septembre 2011.

La migration vers EBICS est une condition sine qua non du  processus SEPA. Elle est donc bien un enjeu à court terme pour toutes les entreprises avec une date butoir à mi-2011.

 

 
2ème Partie : où en sont les PME en France ?

Toutes les PME sont concernées

Les 90 000 entreprises françaises déjà équipées d’une solution de communication bancaire par télétransmission sont les premières concernées. Pour elles, la migration SEPA a des impacts directs sur l’utilisation des deux modes de paiement scripturaux que sont les virements et les prélèvements.

Néanmoins contrairement aux idées reçues, les instruments SEPA ne sont pas destinés uniquement aux paiements transfrontaliers mais également aux transactions réalisées à l’intérieur du territoire français. Ce sont donc bien toutes les entreprises françaises qui sont concernées quels que soient leur taille et leur secteur d’activité.

Or, beaucoup d’entreprises effectuent encore leurs remises d’ordre de manière manuelle, particulièrement parmi les artisans, commerçants et les petites entreprises. Pour elles, l’enjeu est double : s’informatiser pour automatiser leurs flux bancaires via Internet et adopter une solution immédiatement compatible EBICS.

Les PME restent sous-informées

Les résultats de l’enquête réalisée par la CGPME sur le SEPA en août 2009 auprès de ses adhérents parlent d’eux-mêmes : 48% des PME ne savent toujours pas à date de quoi il s’agit. L’étude montre en outre que moins d’une PME sur cinq utilise aujourd’hui le virement SEPA. Elle souligne aussi que 52 % des PME, parmi celles qui n’utilisent pas le virement SEPA, invoquent le manque d’information comme raison principale.

Les PME ignorent les bénéfices concrets

Les PME sont freinées par le coût qu’elles n’ont pas nécessairement anticipé. Elles sont  persuadées que les logiciels compatibles ne sont pas disponibles, ce qui est faux ! Au final elles voient le SEPA comme une source de difficulté supplémentaire et ne voient pas les avantages concrets :
•    L’accélération des transactions.
•    La réduction du coût des opérations bancaires.
•    La simplification des paiements transfrontières. Et ultimement une meilleure visibilité sur leur trésorerie.

Il y a urgence à ce que les PME comprennent l’enjeu et cernent les possibilités qui leur sont offertes. Elles doivent donc être rassurées et accompagnées.
 

 

3ème Partie : quel rôle et obligation pour les partenaires ?

Un rôle d’explication et d’anticipation

Les partenaires sont le relais des éditeurs pour accompagner les entreprises dans cette mutation. Proches des entreprises et de leur dirigeant, ils sont les mieux placés pour les accompagner. Il fait partie de leur rôle de communiquer et de rassurer en vulgarisant le sujet, d’évaluer les besoins selon le niveau d’équipement initial et de mettre en place la solution choisie, et ce sans plus tarder.

En effet, le risque de goulot d’étranglement est bien réel. Car, même si l’enquête réalisée par la CGPME montre que les entreprises informées ont une réelle volonté de passer rapidement au virement SEPA, il y a peu de chances pour que ce calendrier soit respecté, à l’image du passage à l’Euro.

Une obligation d’organisation

Pour les partenaires, la première étape est naturellement de former leurs équipes sur les nouvelles solutions de moyens de paiement mais aussi sur les solutions de gestion de la trésorerie. Ils doivent également informer leurs clients de manière massive et approfondie au travers de rencontres clients, journées portes ouvertes, séminaires physiques ou online. Enfin, l’aspect financier doit être pris en compte. Les partenaires doivent relayer les promotions et proposer des « packages prestations-outils » à leurs clients car le sujet n’est pas compliqué techniquement dans une grande majorité des cas…

Le véritable enjeu pour les partenaires n’est pas de savoir ce qu’ils ont à faire mais de faire face à la gestion du volume. Certains d’entre eux en profitent pour recruter ou former de nouvelles ressources, conscients qu’Ebics et le SEPA fournissent une opportunité d’évolution et de modernisation du poste comptable. Ceux qui ne le font pas doivent absolument s’appuyer sur l’éditeur, qui met à leur disposition des moyens de « back-up » et de gestion en masse au risque d’être pris de court et de voir leurs clients partir à la concurrence.

Conclusion

Ebics et SEPA  sont une opportunité pour tous, PME, partenaires et éditeur.
Ce n’est pas le sujet qui est complexe mais bien la gestion du volume face à l’échéance légale et le risque de goulot d’étranglement qui en découle.
L’important, c’est donc bien d’anticiper et de s’or
ganiser.