Quand l’informatique s’oriente vers le métier

Stratégies Channel

Julien Victor, Directeur Associé du groupe Effisoft, revient sur une évolution récente du marché des solutions informatiques et explique comment, selon lui, les utilisateurs passent peu à peu d’outils génériques répondant aux besoins du plus grand nombre, à des systèmes d’information plus personnalisés, ne s’appliquant qu’à un secteur d’activité en particulier.

Par Julien Victor, Effisoft

Historiquement adressée de manière transversale, l’informatique s’oriente désormais massivement vers une approche plus fonctionnelle et métier. En effet, désormais, même les grands généralistes du secteur tendent à verticaliser leurs offres pour proposer des solutions toujours plus proches des préoccupations de leurs clients. Ces derniers sont d’ailleurs très sensibles à l’adaptation des logiciels à leurs problématiques et apprécient grandement la capacité de leurs interlocuteurs à parler le même langage qu’eux.

La spécialisation sur des secteurs d’activités tend ainsi à devenir un facteur différenciateur important pour les professionnels de l’édition comme pour les SSII et intégrateurs. Mais qu’entend-on par orientation métier et est-ce si simple de revendiquer un tel positionnement ?

A ce stade, il convient de savoir déchiffrer et analyser les offres présentées en ne se laissant pas enchanter par le doux chant des sirènes du marketing. Ainsi, sous des solutions packagées alléchantes se cache parfois une boite vide ou tout au moins une approche plus transversale que verticale… Il est donc fondamental de bien déchiffrer les annonces de lancement d’offres et de valider les expertises sectorielles des fournisseurs de technologies et de leurs partenaires.

Prenons un exemple concret : les systèmes d’information réassurance (= l’assurance des compagnies d’assurance). Sur ce marché très ciblé, les utilisateurs attendent des solutions « clés en main », les logiciels de gestion de la réassurance devant souvent s’adapter à des petites structures au sein de grandes sociétés. Ces solutions doivent répondre parfaitement aux besoins spécifiques des sociétés d’assurance, que ce soit au niveau de la réglementation (production des états comptables, rapport de solvabilité et analyse des engagements, etc.) ou de leur activité (calcul des provisions en réassurance, déclaration des sinistres, etc.). Autant de fonctionnalités métier qu’on ne retrouve pas dans des systèmes généralistes (ni dans les frameworks de développement) sans des adaptations lourdes alors qu’elles sont essentielles.

Mais au-delà de la technique elle-même, qui peut plus ou moins bien répondre aux attentes métiers des entreprises, la notion de paramétrage et d’intégration au sein du SI s’impose également comme une donnée stratégique synonyme de réussite du projet. Notons également que les intégrateurs doivent jouer un rôle de conseil important et parfaitement maîtriser les enjeux business de leurs clients. De plus, il est fondamental qu’ils tiennent compte des  contraintes réglementaires et des spécificités d’organisation. Etre un bon développeur et un ingénieur chevronné est donc un élément incontournable mais insuffisant pour aligner le Système d’Information à une stratégie guidée par le métier. Dans ce contexte, les professionnels de l’édition comme de l’intégration déploient de nouvelles stratégies pour répondre à ces besoins.

Un premier pan visible de ces nouvelles organisations est le recrutement d’un nouveau type de collaborateurs. En effet, les entreprises recherchent des profils associant à la fois connaissances techniques (exemple : expérience de la mise en œuvre de systèmes d’information) et expertise sectorielle (exemple : connaissance du reporting réglementaire comptable en vigueur sur le marché des assurances). Ainsi, consultants et Chefs de projets experts sur des secteurs d’activités sont aujourd’hui chassés par l’ensemble des entreprises qui se livrent une bataille financière et de séduction (packages + avantages) pour incorporer dans leurs équipes ces profils si rares et convoités. Mais devant la pénurie de candidats potentiels, on assiste de plus en plus à des recrutements de collaborateurs non informaticiens. Les éditeurs privilégient dès lors la connaissance « métier » qui sera intégrée aux « roadmaps » produit ou aux développements d’offres de service.
Notons de plus qu’au niveau de la formation de nombreuses initiatives sont menées, aussi bien au niveau des études supérieures que de la formation professionnelle.  Pour cette dernière, de nombreux cabinets spécialisés dans la formation de cadres sur des secteurs donnés (finance, industrie, médical, logistique…) ont d’ailleurs spécialement développé des cursus adaptés à des populations techniques. Cela doit leur permettre d’intégrer les données sectorielles indispensables à la mise en production de projets associant ingénierie et données métiers. Ces cabinets permettent de former un nouveau type de collaborateurs et de développer leur employabilité.

Poussé par les entreprises désireuses de s’appuyer sur des SI intégrant leurs enjeux spécifiques, le paysage IT entre donc dans une révolution culturelle. Se positionner comme un expert métier impose des investissements importants pour les professionnels de l’industrie IT. En effet, au-delà des efforts initiaux qu’ils doivent consentir pour répondre aux attentes des Directions des Systèmes d’Information, il est également nécessaire de maintenir un niveau d’expertise métier dans un environnement changeant, notamment du fait des nouvelles réglementations. Cette donnée doit être intégrée par l’ensemble des intervenants qui doivent à la fois mener une veille constante des changements opérés et maintenir à jour leur niveau de connaissance.

A propos d’Effisoft
Effisoft est un groupe international qui conçoit des logiciels pour les professionnels de l’assurance, de la réassurance et de la gestion des risques depuis 15 ans. Il touche une clientèle de plus de 200 sociétés à travers le monde grâce à ses différentes implantations géographiques (Paris, Londres et Boston). Effisoft compte parmi ses clients la quasi-totalité des assureurs français, de nombreuses grosses PME et les acteurs majeurs du CAC40, du FTSE ou du NYSE.


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