Le toulousain Bacatá investit dans l’innovation pour sortir plus fort de la crise

Stratégies Channel

Les principaux grossistes toulousains ont des sorts distincts. Si ACTN se porte plutôt bien et Blue River System a vu cet été passer le vent du boulet (suite à sa cessation de paiements) avant de reprendre de l’oxygène grâce à la compréhension du Tribunal de Commerce, un autre grossiste du cru, Bacatá de l’Union, à quelques encablures de la Ville Rose tourne à plein régime, en dépit de la crise. Ses dernières initiatives en sont la preuve…

Création d’une chaîne d’assemblage, déménagement du stock, signature de nouveaux référencements et mise au point d’un système de passage de commandes en ligne… Le grossiste de l’Union a le vent en poupe. Et tient à ce que cela se sache (ce qui est nouveau). Si l’on intègre les résultats de la filiale espagnole, le grossiste a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires stable par rapport à 2007, soit approximativement 12 M€, même si les bénéfices nets se sont sensiblement tassés (20 K€ contre 73 K€ un an plus tôt).  

Un tassement que le Directeur Général de Bacatá, Jean-Christophe Agobert, explique par la décision de l’entreprise d’investir. Une nécessité selon lui en temps de crise. Le grossiste informatique ne s’est en effet pas reposé ces derniers mois et dernières semaines. Le point d’orgue de tous ses efforts aura été la mise en place d’une nouvelle plateforme de gestion informatisée, dont JC Agobert a bien voulu nous parler.

Mais Bacatá a aussi décidé de donner plus d’indépendance à sa filiale dédiée à la péninsule ibérique et a créé en conséquence un nouveau stock à Barcelone. En France, son stock à l’Union a également bougé, le grossiste ayant décidé de le déménager et de passer d’une surface de 1000 m2 de stockage à 2700 m2. Un choix d’autant plus nécessaire que Bacatá a multiplié les nouvelles références produits et qu’il a également créé une chaîne d’intégration pour le compte de sa division industrielle. Si on y ajoute un nouveau site Web, riche en informations, dédié à cette division, mais aussi l’enrichissement du site Web « grand public » avec notamment l’arrivée d’un espace réservé aux revendeurs, on comprend pourquoi JC Agobert se veut très optimiste pour les prochains mois… 

Voici les quelques réponses qu’il nous a apportées :

Channel Insider France Pouvez-vous d’abord resituer Bacatá, pour ceux qui ne vous connaitraient pas, et donner quelques éléments sur son métier et son mode de fonctionnement ?

Jean-Christophe Agobert – Créée en 1997 à Toulouse, en tant qu’importateur spécialisé de composants informatique. Dès, le début de notre activité nous nous sommes focalisés sur une distribution sous contrat avec les fabricants et ce en direct sans aucune éventuelle tripartie. Dès 1998, nous avons axé notre business sur une approche paneuropéenne.  Aujourd’hui Bacatá est présent en France, en Espagne, en Chine et en Allemagne (pour ce dernier, nous disposons d’un bureau de représentation) et nous représentons des marques de renom comme Antec, Corsair, Asus, Zalman, etc. Comme Bacatá a également beaucoup de clients intéressants en Grande-Bretagne, nous réfléchissons très sérieusement à y mettre un pied…

Que pouvez-vous nous dire de la typologie de votre clientèle ?

Elle est assez variée et se compose de revendeurs, de VAR/SSII, d’e-Tailers, d’acteurs de la grande distribution et d’autres grossistes

Comment se porte votre société en cet automne 2009 ? Comment avez-vous pu traverser la crise sans (trop) d’encombres ?

La crise est présente, il ne faut pas se voiler la face. Le marché est plus difficile qu’auparavant mais nous avons la chance d’avoir une clientèle lissée sur l’Europe, d’avoir une gamme de produits grand public dédiée aux « Power User » en pleine croissance, et sans cesse en évolution, et enfin une division industrielle, encore peu connue des revendeurs sur laquelle nous avons investit, tant en temps qu’en argent depuis plusieurs années et qui commence à devenir mature.

Vous avez récemment basculé sur une nouvelle solution de gestion (ndr : Navision Dynamips)… Combien de temps cette migration a-t-elle pris ? En êtes-vous satisfait et quels sont aujourd’hui les acquis de cette expérience ?

C’’est exact. Une migration, qui n’a pas été sans mal, tant au niveau technique qu’humain, et qui n’a jamais vraiment cessé de migrer, car un CRM/ERP vit au fil des années… Mais c’est une migration qui, somme toute, peut être considérée comme très satisfaisante. Ce nouvel outil nous as permis un meilleur suivi des clients, une meilleure gestion des approvisionnements, des statistiques plus précises, etc.

A la lumière de cette migration, apportez-vous de nouveaux services à vos revendeurs, de nouvelles facilités ?

Oui, nous avons enfin pu ouvrir un Espace Revendeurs avec son Webshop afin que nos clients puissent passer leurs commandes en ligne. Nous avons interfacé pour certains notre gestion avec la leur afin qu’ils puissent directement connaitre nos disponibilités. Prochainement d’autres outils viendront se greffer comme le suivi des expéditions, la gestion « online » du RMA, etc.

Quelles  opportunités et menaces voyez-vous poindre d’ici 2010 et au-delà ? Vous obligent-elles à modifier en permanence votre organisation ?

Notre entreprise est en perpétuel mouvement et ce depuis sa création. Nous pensons et repensons régulièrement notre « business model », notre gamme de produit évolue régulièrement avec des fabricants qui ne cessent d’innover, au fil de nombreux accords de distributions. Plusieurs de ceux-ci sont récents (Point of View, DFI, Arctic Cooling). Ils nous permettrons d’apporter à notre clientèle des lignes de produits jusqu’ici non disponibles chez nous.  Pour conclure, je dirais que l’innovation joue un rôle essentiel chez nous : notre expertise, nos liens dans l’industrie, nous permettent de travailler et d’anticiper les tendances et de fournir à nos clients des lignes de produits innovantes. Et surtout nous travaillons sans cesse notre politique de partenariat avec nos clients !


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur