Plextor Wnas : le premier disque réseau WiFi a des progrès à faire

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Installation peu intuitive, configuration limitée, performances faiblardes… L’initiative de Plextor d’introduire un disque réseau WiFi est séduisante mais le produit manque de maturité.

Petit OVNI dans le monde des NAS, le StorX PX Wnas500L de plextor se veut la première plate-forme de stockage réseau orienté plutôt grand public spécialement optimisée pour le Wi-Fi. Avant d’aborder ce test, nous étions particulièrement dubitatifs quant à l’intérêt d’un NAS Wi-Fi en regard des performances que l’on pourrait tirer d’un tel système. Dans la mesure où la grande majorité des NAS, grand public ou non, offrent des performances souvent moyennes sur un réseau filaire (à 100 Mbit/s généralement) adapté voir optimisé, on peut légitimement douter des performances d’un NAS sans fil (54 Mbit/s maximum théorique en 802.11g) sur un réseau non adapté au transfert de données. Il fallait cependant en avoir le cœur net.

Au déballage du carton, nous sommes surpris par la simplicité du produit. On ne trouve ici que le strict minimum et encore. Outre l’alimentation, les câbles de raccordement et le CD d’installation, la seule documentation papier proposée est un dépliant multilingue pas très exhaustif et peu utile in fine. Embêtant. Un manuel au format PDF est cependant proposé en ligne.

Pour tester ce petit NAS nous avons décidé de reproduire les conditions d’utilisation que nous jugeons normales, c’est-à-dire une connexion Wi-Fi résidentielle depuis une Freebox ou une Neufbox, par exemple. Pour notre test nous utiliserons la passerelle de Neuf/SFR sous Windows XP et Vista (inutile d’espérez configurer le NAS sous Linux ou Mac… et son accès depuis Vista s’est révélé ardu, même s’il est difficile de percevoir si le problème provient du disque ou de l’OS de Microsoft).

Notre connexion possède un débit descendant d’ 1 Mo/s (8 Mbit/s) et sortant de 100 Ko/s (800 Kbit/s), un débit moyen pour une connexion normale, bien que celle-ci ne devrait pas influencer pour les transferts sur le réseau local. Décidés à ne pas nous laisser influencer par nos préjugés, nous démarrons le NAS. En espérant que le serveur DHCP lui attribue automatiquement une adresse et que l’on puisse tester les performances Wifi rapidement. Le CD fourni nous propose une interface censée trouver le NAS et nous permettre de le configurer. Las… Ca ne fonctionne pas : l’interface ne détecte rien… Nous hésitons donc sur la marche à suivre : soit nous continuons a l’aveuglette soit nous nous obligeons à lire le manuel du NAS.

Tout professionnel du stockage que nous sommes, nous nous décidons à lire le mode d’emploi du NAS. Et là, ô surprise, nous n’y avions pas pensé : il faut brancher le NAS en filaire pour lui permettre d’utiliser le Wifi. Dès lors, tout va mieux, l’interface graphique repère le NAS et nous propose une configuration rapide. Par la suite, le disque réseau sera reconnu sans la connexion filaire. Un conseil, donc : lisez la documentation !

Cependant, le Wnas ne parvient pas à se connecter seul à un réseau Wifi ouvert. Ce qui est moins logique, mais qui s’explique, puisque le constructeur fournit par défaut (paramètres d’usine) une adresse IP fixe qu’il faut configurer en DHCP dans l’interface Web. Si cela peut se comprendre d’un point de vue administrateur réseau, l’explication de la configuration usine et du paramétrage ne se destinent franchement pas à un usage grand public.

Poursuivons la procédure. Nous configurons le NAS de manière à l’utiliser rapidement en lui donnant une adresse fixe lorsqu’il est en filaire et une adresse par DHCP en Wifi. Nous nous connectons sur l’interface web du NAS de manière à configurer les partages. Interface au demeurant très simple mais plutôt spartiate et esthétiquement moche. Ce qui est, là encore, regrettable pour une application résidentielle.

Les options de paramétrage étant très limitées, la configuration du disque est vite terminée. Passons aux mesures qualitatives. Déception! En Wifi, les performances s’avèrent faiblardes. A peine 5 Mo/s en écriture en mode FTP et une chute à 500 Ko/s sous protocole CIFS !  Ce sont d’ailleurs les uniques protocoles proposés par le Wnas. A titre de comparaison, le Qnap TS-109 atteint les 8 Mo/s avec 50 utilisateurs simultanés…

En conclusion, la tentative de Plextor est innovante mais le Wnas manque de maturité. Tant dans sa simplicité d’usage pour adresser le grand public qu’à travers ses performances, trop justes à notre goût pour intéresser les (très petites) entreprises voire les résidences.

Maxime Cortesi est ingénieur chez le spécialiste du stockage Intellique.