1 900 employés sacrifiés en plus avec la fermeture du site Freescale de Toulouse ?

Stratégies Channel

L’industrie IT américaine est en train de fuir peu à peu nos contrées… Après les deux géants HP et IBM, c’est au tour de Freescale d’annoncer son intention de fermer d’ici fin 2011 son site de Toulouse, dans le cadre d’un programme de mise à l’arrêt de ses unités de production les « moins modernes » (sic). Le prix humain du projet semble énorme, puisque pas moins de 1.900 salariés (hors sous-traitance) dont 700 ingénieurs et cadres sont directement concernés par cette annonce.

Pour l’ancienne filiale du groupe Motorola, son site de Toulouse où elle s’était installée il y a 40 ans (!), constituait jusqu’ici l’une de ses pépites dans le monde. Son site Web ne mentionnait-il pas il y a peu encore «un site clé de recherche et développement et de production de semi-conducteurs dédié aux marchés de l’automobile et de télécommunications» ? Et pourtant…

Pourtant Freescale a annoncé hier soir son intention de fermer purement et simplement son site Toulousain qui, à ses yeux, fait partie des unités de production les « moins modernes », avec son unité de Sendaï au Japon…  L’économie en berne, la dégringolade du marché automobile et des équipementiers, sont passés par là. Continuant de perdre de l’argent à l’opérationnel, Freescale était pourtant revenu «dans le vert» au cours du premier trimestre suite à des gains exceptionnels enregistrés via la restructuration de sa dette financière.

Un coût humain qui passe au second plan pour la direction

Il faut savoir que l’unité toulousaine de Freescale marque la présence la plus importante du fabricant dans l’hexagone. Mais qu’elle est également présente sur le Plateau de Saclay, à Gif-sur-Yvette (91) où promet de s’installer Intel, ainsi qu’à Crolles (38). Le départ complet de l’hexagone coûterait à la firme, selon ses propres estimations, de l’ordre de 200 millions de dollars mais en attend des économies annuelles aux environs des 100 millions de dollars. En parallèle, Freescale va engager d’autres mesures de restructuration, notamment sa sortie du marché des composants dédiés à la téléphonie mobile ainsi qu’une remise à plat de l’organisation de sa R&D.

Evidemment, les syndicats français présents chez Freescale promettent de lutter pied à pied contre cette fermeture totalement injustifiée à leurs yeux. Quant aux édiles politiques locaux, ils commencent sérieusement à grogner et à taper du point sur la table (notamment Martin Malvy, président socialiste du Conseil Régional, attendu aujourd’hui à la Mêlée Numérique à Labège). Surtout que cette annonce suit de peu le cas Molex (à quelques Kilomètres de Toulouse) dont on a suivi le feuilleton dramatique ces derniers jours dans les journaux.