A l’ère du cloud computing : quelle est la valeur ajoutée d’un hébergeur ?

Stratégies Channel

Héritage des architectures “grid”, largement utilisé dans les applications gourmandes en calcul et profitant de l’essor de la virtualisation, le cloud computing (l’informatique dans les nuages) intéresse de plus en plus les entreprises. En exploitant la puissance de serveurs répartis n’importe où dans le monde et reliés par Internet, cette architecture autorise virtuellement toute application à s’ajuster dynamiquement à une soudaine montée en charge…

Par Cong Duc Trinh, Responsable Innovation Jet Multimédia France

Ce modèle paraît particulièrement adapté au monde incertain dans lequel nous vivons où l’engagement et la prévision sur le long terme sont des luxes que nombre d’entreprises ne peuvent plus s’offrir. En cas de succès imprévisible, il pallie les incidents de démarrage qui s’avèrent néfastes pour l’image d’un site alors que la couverture médiatique est à son maximum, en cas d’échec il aide à limiter les pertes lorsque le trafic ne correspond pas au business plan.

Mais si le concept séduit de prime abord, sa généralisation risque d’introduire, dans les esprits des concepteurs de services, des effets pervers aux conséquences économiques parfois désastreuses. Ainsi la permissivité du cloud computing à mobiliser de nouvelles instances de serveurs risque d’encourager la mise en production de développements “vite faits mal faits” selon le principe qu’il suffit de rajouter des serveurs pour absorber plus de charge et que la bande passante suivra.

L’augmentation linéaire du nombre de serveurs avec la charge supportée s’avère déplorable au plan économique sur le moyen terme, alors que dans la très grande majorité des cas, un travail d’architecture en amont permet de l’éviter. Les fortes charges peuvent généralement être supportées par des dispositifs appropriés et sans investissement supplémentaire dans de nouveaux serveurs : mise en cache de contenus statiques et de requêtes sur les bases de données – optimisation et compression des requêtes http par des équipements spécialisés (une des causes principales de “l’écroulement” des serveurs).

De même faire abstraction des aspects réseaux c’est abandonner la maîtrise de la qualité de service de bout en bout, essentielle pour des contenus à fort volume comme la vidéo ou la voix sur IP. Pour contrôler leurs principaux marchés, les entreprises ont l’obligation de connaître la bande passante réellement disponible et les points de peering utilisés entre leurs serveurs et les abonnés des différents opérateurs et/ou FAI.

Alors qu’Internet héberge de plus en plus d’applications critiques, l’analyse de la chaîne de production, l’identification des maillons faibles, l’optimisation du code et des bases de données sont absolument primordiales. C’est précisément le rôle d’un hébergeur à valeur ajoutée d’être conseil sur tous les aspects de mise en production, d’exiger le respect de procédures ISO, de planifier les étapes du projet et de conduire des tests préalables de montée en charge en s’assurant d’un accompagnement et d’une réactivité le jour J.

Néanmoins les clouds sont là pour rester. Les hébergeurs peuvent s’inspirer de ces technologies pour devenir plus flexibles et plus agiles : flexibilité du provisioning, virtualisation, support des bases de données hautement “scalable” et émergence de stratégie de type “pay as you grow”. Ce marché du “private cloud” fait l’objet de convoitise de la part des éditeurs de logiciels attirés par la perspective d’une refonte complète des systèmes d’information et de production des hébergeurs.

Enfin, pour les hébergeurs qui n’ont pas encore atteint la taille critique, les clouds sont aussi une opportunité de s’adosser à un écosystème “Open Hosting”. Ce modèle d’hébergement collaboratif autorise des infrastructures managées localement, chez un autre hébergeur ou dans un cloud, l’orchestration de l’ensemble de la chaîne de valeur restant le cœur de métier de l’hébergeur. Le cloud computing fait la part belle au capital humain et à la prestation de service tout en ouvrant la voie à un véritable marché de l’énergie informatique.
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