Netbook : Dexxon lance officiellement son Gdium Liberty 1000

Stratégies Channel

Pour son premier netbook, le spécialiste en supports de stockage a choisi un concept novateur et original. Le système d’exploitation Linux du Gdium repose en effet sur une clé USB amovible qui transforme la machine en un terminal partageable.

A l’occasion d’une soirée organisée 11 décembre dernier au Mini Palais, à Paris, le fabricant français Emtec (groupe Dexxon) a officiellement lancé le Gdium Liberty 1000. Il s’agit du premier netbook (et ordinateur) de ce spécialiste en matière de supports de stockage. Il se distingue de la masse des ultras portables du marché par une architecture originale et un concept innovant.

Une surprise à la clé

De dimensions relativement modestes (25 x 18,2 x 3,2 cm) pour un poids d’1,2 kg, le Gdium est construit autour d’un processeur entièrement 64 bits MIPS de STMicroelectronics, conçu en partenariat avec l’Institute for Computing Technology (ICT) en Chine. Exit donc les architectures x86 des processeurs Intel (Atom 270) voire VIA Technologies (C7 ou Nano).

Autre originalité : le Liberty n’embarque aucun support de stockage natif, disque dur ou SSD ! L’OS comme les applications se voient livrés sur une clé USB, la G-Key de 16 Go par défaut. Banale en apparence, cette clé recèle une distribution Linux développée par Mandriva (Mandriva G-Linux) et sert en outre de mémoire de stockage pour les documents. Cette dernière peut être étendue via une carte SD à glisser dans le lecteur SD intégré au Gdium.

Au-delà des applications Internet, bureautiques ou multimédia habituelles sous Linux (Firefox, OpenOffice, Gimp, VLC…), la machine, ou plutôt la clé USB, embarque une cinquantaine de logiciels dédiés à l’éducation. L’éducation, le partage du savoir, l’apprentissage sont en effet au centre du projet Gdium. Emtec ne cache du reste pas qu’il cherche à séduire au premier chef les marchés de l’éducation avec son netbook capable de se muer en terminal partageable que chaque élève (ou professeur) peut exploiter à partir de sa propre clé de stockage G-Key… tout en laissant la machine indemne de tout virus et autres malwares.

Un projet ambitieux, tant le Gdium ne ressemble à rien d’existant sur le marché. Il devra bouleverser les habitudes pour gagner la partie. Rassurant malgré tout : Dexxon possède une expérience certaine des besoins en matière d’éducation. Via sa filiale Emtec, le grossiste avait en effet équipé à la rentrée 2008 plus de 200 000 bureaux virtuels sur clé USB auprès des apprentis et lycéens d’Ile-de-France.

Cet angle éducatif résolument pris par Dexxon et Emtec n’est du reste pas sans rappeler le XO du projet OLPC (One laptop per child) ; le fameux « PC à 100 dollars » (180 dollars dans les faits) visant à équiper les écoliers des pays émergeants de machines légères et mobiles. Sans oublier Intel et son Classmate qui offrait un concept similaire.

Un site Web collaboratif en héritage

Différence notoire tout de même : Emtec accompagne le lancement de son Liberty 1000 du site Gdium.com. Un site Web, ouvert à tous (autrement dit, clients du Liberty ou non) qui est présenté par Patrick Ferran, le responsable du site, comme « un centre de ressources orienté sur le savoir avec des outils collaboratifs et éducatifs ».

Via l’utilisation de nombreux outils collaboratifs (blogs, agenda, pages, forum…), Gdium.com autorise notamment la création et l’animation de réseaux sociaux et de communautés.

L’espoir de Patrick Ferran ? Que les professeurs créent des communautés autour de leurs travaux d’enseignants, que ce soit en direction des groupes de classes ou des thématiques de savoirs dans leurs domaines. Le Kiosque Numérique de l’Education (KNE), un portail d’éditeurs d’outils pédagogiques, s’est d’ailleurs associé à l’expérience et de nombreux partenariats devraient se multiplier en 2009, promet le responsable du projet. Lequel sera chapeauté par la Fondation Gdium animée par Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France.

Nous avons eu l’occasion de tester le Gdium Liberty quelques minutes. La machine au design séduisant s’est montrée réactive et accessible dans l’ensemble. Elle offre deux modes d’utilisation : un mode « normal » doté d’un menu regroupant sous des onglets thématiques (Internet, travail, documents, jeux…) les principales applications installées et  mode dit « avancé » proposant une navigation traditionnelle comme on peut les trouver dans les distributions Linux (relativement similaire à Windows) et qui donne accès aux tréfonds du système.

Pour ne pas noyer les utilisateurs avec les considérations techniques, les mises à jour (applicative, système et sécurité) seront automatiquement proposées, nous a déclaré un membre de l’équipe technique d’Emtec. La simplicité d’usage est en effet l’un des points cruciaux pour que la machine trouve son public.

Lancé ? Oui. Disponible ? Faut voir…

Si le Gdium Liberty 1000 est officiellement lancé, il semble ne pas encore être disponible. Visiblement les discussions avec les distributeurs se poursuivent (certains diront s’éternisent)…

Dans un premier temps, Emtec veut adresser les enseignes spécialisées qui auront la charge d’expliquer au client le concept de la machine avec sa clé USB. Avant d’étendre, éventuellement, ses points de ventes aux grandes surfaces.

Aucun représentant du constructeur n’était en mesure, le soir du lancement, de nous confirmer une date de disponibilité. Certains avançaient un lancement juste à temps pour les fêtes quand d’autres n’évoquaient pas de diffusion avant début 2009. Quant au prix public recommandé, il semble plus sûr et frôle les 380 euros TTC avec la clé 16 Go incluse.

A suivre…