NSP Informatique : un dépôt de bilan qui fait mal

Stratégies Channel

Décidément, Reims n’est pas une ville marquée par le succès ces jours-ci. Plus grave que le fiasco du congrès du PS : la fin annoncée d’un grossiste informatique bien connu, NSP Informatique, qui pourtant était profitable depuis de longues années. Motif principal avancé de ce dépôt de bilan : une accumulation d’impayés et de retards de paiement… De quoi faire trembler de nombreux autres acteurs soumis, par ces temps de crise, aux mêmes menaces. 

Profitable, NSP Informatique l’était sans discontinuer depuis sa création en 2000. Le grossiste rémois vient pourtant, vendredi 21 novembre, d’être obligé de déposer son bilan. La faute à une faiblesse extrême de sa filiale « trading », BFJ Trading, confrontée à une avalanche d’impayés et de retards de paiement. Puis aux banques, frileuses à souhait, qui ont très rapidement lâché NSP en réduisant ses lignes d’escompte. Ce, sans tenir compte du fait que le grossiste disposait de « fondamentaux » solides. N’avait-il pas publié l’an passé un résultat net de 200 000 euros pour un chiffre d’affaires de 15,8 M€ ? Et l’année 2008 s’était également présentée sous les meilleurs auspices, avec de très bons revenus à la fin du premier semestre…

Neosyst à priori à l’abri

Ce dépôt de bilan va-t-il avoir des conséquences néfastes sur le réseau de sept magasins informatiques Neosyst, voulus par NSP et franchisés dans le Nord-Est de la France ? Apparemment non. En dépit de stocks de marchandises provenant très majoritairement de NSP Informatique, les sept magasins sont autant de sociétés indépendantes et échappent donc de facto au dépôt de bilan. Bien entendu, leur situation est fragilisée par la défaillance du grossiste et il reste à voir dans les prochaines semaines comment ils vont rebondir. De même Selexium, qui était partenaire dans le Sud-Ouest de NSP Informatique et l’avait même accueilli un temps dans son capital, devrait résister vaillamment aux effets induits par l’annonce de ce dépôt de bilan.

Il n’empêche : ce dépôt de bilan et le rapidité de celui-ci, dans le cas d’une entreprise saine et profitable, n’est pas fait pour rassurer l’ensemble de la distribution informatique française, particulièrement en régions. Confrontées à une crise financière sans précédent, les banques ne jouent plus en effet leur rôle d’oxygénateur de l’économie et poussent vers la sortie des acteurs qu’on croyait pourtant solides. Ni les relais d’Oseo, ni les annonces de « fonds souverains à la française », ne peuvent grand chose dans cette situation…